ne rêvons pas tout seul

Une fois n’est pas coutume, j’ai eu, en mai, le grand plaisir de traduire pour le programme du concert du ténor allemand Jonas Kaufmann une partie des chansons de Lehar, Kalman et Spoliansky en français (et mes collègues savent que je n’aime pas trop traduire vers le français qui n’est pas ma langue maternelle) pour le programme du concert du 23 mai au Théâtre des Champs Elysées (TCE). F.G. des Grandes voix (www.lesgrandesvoix.fr) – que je remercie bcp pour sa confiance, la relecture pleine d’attention ET l’impression qu’elle vient de me l’adresser.

[https://www.youtube.com/watch?v=lYzCQGSdmwE&w=560&h=315]

Je n’étais pas un aficionado de cette musique pendant ma jeunesse (trop de romantisme, trémolo et mielleux pour un jeune à l’époque plutôt orienté King Crimson, Pink Floyd et autres Deep Purple – et le fait que mes parents en étaient fans n’était pas non plus un facteur favorable…). Mais aujourd’hui, avec le recul ET la prestation de Kaufmann qui garde « le velours » (d’un Richard Tauber p.ex.) tout en accentuant le côté coquin, je prends un vrai plaisir d’écouter certaines de ces hits-des-hits des années 20-30 Berlinoises et Viennoises.

http://www.jonaskaufmann.com/en/7/recordings.html

Ci-joint la transcription des paroles en V.O. et ma traduction.

Air d’Armand Gallois : « Hab’ ein blaues Himmelbett » (Frasquita)

Schatz, ich bitt’ dich, komm heut’ Nacht!
Alles ist bereit gemacht
für ein Stelldichein
im Mondenschein.
Wenn der Sekt im Glase sprüht
und der Kerzenschein erglüht,
fühlst du, kleine Maus,
dich wie zu Haus!
Schatz, ich bitt’ dich, komm heut’ Nacht!
Alles, was dir Freude macht,
geb’ ich gerne dir,
ach, komm zu mir.
Fünf Minuten nach halb neun,
werd’ ich an der Türe sein.
Niemand wird dich sehn
beim Kommen und beim Gehn.
Ein Glück dir winkt so wie noch nie,
kein Laut uns stört, kein Vis-à-vis,
ein Mondenstrahl ganz verstohlen nur späht,
doch was er sieht, er nicht verrät.
Im nahen Park die Nachtigall
singt süß dazu ein Madrigal,
bis dann die Sonne uns sagt ganz diskret:
Es ist schon Zeit, dass ihr zum Frühstück endlich geht.
Schatz, ich bitt’ dich, komm heut’ Nacht!
Alles, was dir Freude macht,
geb’ ich gerne dir,
ach, komm zu mir!
Hab’ ein blaues Himmelbett,
drinnen träumt es sich so nett!
Aber nicht allein,
geh, sag nicht nein!

Chérie, j’insiste, viens cette nuit !
Tout est prêt
Pour un rendez-vous
Au clair de lune.
Quand le champagne pétillera dans ton verre,
Les chandelles rougeoyantes vont te faire sentir,
Ma petite souris,
Comme chez toi.
Chérie, j’insiste, viens cette nuit !
Tout ce qui te plaira,
Je te le donnerai avec plaisir,
Ah, viens chez moi !
À huit heures trente-cinq pile
Je t’attendrai à la porte.
Personne ne te verra
Ni quand tu viendras, ni quand tu partiras.
Le bonheur t’attendra comme tu ne l’as jamais connu,
Pas un bruit ne te dérangera, personne ne regardera,
Juste la lune qui pointera son nez
Mais ne trahira point ce qu’elle verra.
Le rossignol dans le parc à côté
Chantera des madrigaux tout doux
Jusqu’à ce que le soleil nous chuchote
Qu’il est temps pour le petit déjeuner
Chérie, j‘insiste, viens cette nuit !
Tout ce qui te plaira,
je te le donnerai avec plaisir !
Oh, viens à moi !
J’ai un lit à baldaquin bleu
Fait pour rêver,
Mais surtout pas pour rêver seul.
S’il te plaît, ne dis pas non !

Pour le plaisir des linguistes (interculturels) je joins également la version française glanée dans le net – qui a été chantée en France (Frasquita) qui enlève tout le piquant de cette chanson, piquant qu’on perçoit dans la prestation de Kaufmann (voir ses yeux pétillants est un vrai plaisir) …

Version telle qu’elle a été chanté dans la version française (adaptée au public français)  de l’opérette à l’Opéra Comique et ailleurs (elle n’a vraiment rien à voir – sauf qu’elle rime).:

Ne t’aurais-je qu’une fois
Ô petite bohémienne
Un soir, tu seras vraiment à moi
Ne t’aurais-je qu’une fois
Une nuit, tu seras mienne
Et je frémirai tout près de toi
Ne t’aurais-je qu’une fois
Mon cœur connaîtra l’ivresse
Et la volupté de ta beauté
Ne t’aurais-je qu’une fois
Je mourrai sous tes caresses
Et j’aurai ta foi
Ne fût-ce qu’une fois

Et puis demain
Sur les chemins
Vers d’autres bras
Tu partiras
Tes yeux griseront bien d’autres amants
Ton cœur fera d’autres serments
Et lentement
Fatalement
De nos baisers
Désabusés
Que restera-t-il au déclin des jours ?
Pas un regret, pas même un souvenir d’amour

Ne t’aurais-je qu’une fois
Une nuit, tu seras mienne
Et je frémirai tout près de toi
Ne t’aurais-je qu’une fois
Ô petite bohémienne
Un soir, tu seras vraiment à moi

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
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Un commentaire pour ne rêvons pas tout seul

  1. Il est vrai que ses yeux pétillent d’un air coquin 💫💫💫

    Aimé par 1 personne

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