Ni avec toi – ni sans toi

J’aimais mieux quand c’était toi (Véronique Olmi)

9782226312471m

On m’a promis Un moment de plénitude et de pur plaisir dès le début du livre ….. Ah bon?!

J’étais plutôt un peu perdu pendant les premières 50 pages des 134 de ce court roman (plutôt une nouvelle pour moi). Le roman-la nouvelle est de fait un long monologue d’une actrice (Nelly) que nous suivons dans son quotidien, la préparation à son travail (une sorte de mise en condition – pour ce mettre dans la peau de son personnage – : elle joue le rôle de la Mater Dolorosa dans la pièce Quatre personnages en quête d’auteur de Pirandello.  « Je puise en moi la force de donner à mon personnage la faiblesse qui le fait chanceler… » (p. 78)

Dans la 2e partie du livre elle est sur scène et va voir au cinquième rang l’homme qu’elle avait quitté six mois avant et qu’elle aime passionnément.

Véronique Olmi parle de l’amour, de la sensualité aussi, décrit les déchirures et le manque d’une âme écorchée baignée dans la tristesse et le désarroi. Mais je suis resté dehors pour regretter – encore une fois – Annie Ernaux par exemple. Je souscris donc entièrement à ce qu’écrit Pierre Darracq dans son blog :

De plus, j’ai constamment pensé, peut être à cause de la réalité sous-jacente décrite, aux deux romans d’Annie Ernaux « Se perdre  » et « Passion simple » minutieuse radioscopie d’une passion dévorante. Là où Annie Ernaux nous faisait sentir, sans aucune pudeur cette envie irrépressible de l’homme adoré, Véronique Olmi reste un peu extérieure, retenant soudain l’animalité de son désir, de sa passion, adoucissant son texte par l’emploi de termes un peu convenus. Mais tel qu’il est, ce petit roman saura vous emporter dans la tête d’une comédienne, portrait sensible d’une femme aimante, fragile, brisée. C’est court, intense, joliment écrit, mais avec une fin un soupçon décevante.

http://sansconnivence.blogspot.fr/2015/01/jaimais-mieux-quand-cetait-toi-de.html

Je suis resté en dehors du livre, malgré la passion brûlante à fleur de peau, tout en étant transporté par certains passages, comme p.ex. quand l’actrice observe, assise dans un café  les « autres femmes » :…..

« Je les observe. Je les apprends. Un soir peut-être elles viendront au théâtre se reconnaître dans la vie amplifiée des grandes héroïnes. Qui sait? Je regarde. Tout. Leurs mouvements. Leur silhouette…..les belles sans le savoir et les vieilles femmes ridicules, les trop maquillées, les trahies par le bout pointu de leur bottes, les embellies par la fatigue sans fard, les femmes au regard puissant, à la distinction svelte, les femmes qu’on voudrait voir en photo noir et blanc, qui subliment les ombres et les lignes, les très petites, aiguës et rouées, drôles et percutantes, les trop longues un peu mollasses….les déçues qui fument en claquant leurs talons sur le trottoir, les vaillantes….celles qui tombent amoureuses en écoutant Benjamin Biolay, toutes celles qui voient en vitesse ou en paresse, qui font un monde grouillant, coloré, cadencé, surprenant, éternel. Et les perdues dans les gares. Aussi. »  (p. 49/50)

Pour clore – une fois n’est pas coutume, et en référence au texte ci-dessus  la sublime chanson de B. Biolay : « La superbe » avec la belle danseuse Marie Agnes Gillot :

https://www.youtube.com/watch?v=xtmVTfGJUzA

 

 

A propos lorenztradfin

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4 commentaires pour Ni avec toi – ni sans toi

  1. je lirai peut-être ce roman même si… Il y a chez Véronique Olmi quelque chose qui m’attire dans son écriture. Je suis restée aussi en marge avec La nuit, en vérité. Mais je ne sais pas, j’ai l’impression qu’elle construit une toile infime, légère, tranquillement, en prenant son temps.

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    • lorenztradfin dit :

      Je suis d’accord avec toi, mais c’est pour moi une toile qui a parfois des trouées….toutefois je la lis depuis ses débuts…. me manquent de fait s »seulement » ses nouvelles et ses pièces de théâtre…. Et même déçu j’y reviens toujours, justement pour sa petite musique hautement sensible.

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  2. eh bien, ce n’est déjà pas trop le genre de littérature que j’aime ( tu le sais, je crois ) sauf si c’est parfait ( oui, Ernaux ) , alors ça m’arrange un peu vu les provisions noires de ce WE à Lyon !

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  3. lorenztradfin dit :

    Je me disais bien que tu as fait des emplettes polar-isantes.

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