Nu intérieur

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Roman de Belinda Cannone, Edtions de l’Olivier

Un homme débute son monologue (de 137 pages) avec la phrase « Je vivais depuis dix ans avec une femme remarquable« .  Il l’appelle « l’Une ». L’autre qui ne tardera pas à faire son apparition s’appelle Ellénore. Belinda Cannone, dont je n’ai encore rien lu (6 romans + des essais à son actif), va, par la bouche de cet architecte d’une cinquantaine finissante, parler du désir, de la naissance de ce désir dans l’intime et de ses forces tsunamiesques, ainsi que de son flétrissement…. Ellénore était « exactement faite pour mon désir. Je lui chuchotai Je voudrais vous faire l’amour. Elle rit légèrement, Maintenant ou tout de suite? » (p.37)

Donc un roman dans lequel une auteure essaie de décrire les pensées et tourments d’un homme (avec un « besoin acharné de tendresse rendue« ).  C’est écrit non pas dans la manière crû et époustouflante avec laquelle une C. Oates (« Corky » –    https://lorenztradfin.wordpress.com/2013/03/13/what-i-lived-for-corky/-) se met dans la tête d’un homme, non, là c’est plus suave.

Toutefois, malgré quelques belles phrases sur l’érotisme de l’intelligence, la tendresse des hommes (et leur besoin de tendresse), leur hésitations aussi, quelques très belles pages sur le Tango, les milango, tanda, cortina (« …la belle et puissante expérience….. que cette attention extrême et minutieuse aux intentions et inventions de l’autre... » (p.20) ), cette histoire somme toute « banale » comme dirait l’autre …. ne m’a pas particulièrement touchée. Est-ce aussi dû à la langue? un chouia précieux, surannée? Ou simplement à cause de ce côté archétype des deux femmes – bien opposées (sans jamais se croiser) … l’une compréhensive (avec des limites) – l’autre fontaine de jouvence et promesse d’un renouveau.

Pour moi, la 4e de couv’  n’a pas tenu ses « promesses » :

« ……L’obscénité y croise le grand style, les mots crus se conjuguent à l’acuité du verbe, et le désordre des sentiments n’affecte jamais la syntaxe. Comme si les personnages d’un roman de Benjamin Constant et ceux d’un récit érotique s’étaient donné rendez-vous, afin de faire plus ample connaissance. Cette confession d’un enfant du siècle – le nôtre – est un des romans les plus brûlants qui se puissent lire en ce moment. Car qu’y a-t-il de plus sexy que l’intelligence ?….. »

Pas d’obscènité (à mon avis), « érotique? » (bof), brûlant (certainement pas).

« ….on a beau être remarquable et infiniment aimable, si on ne lui  (à l’autre nda) donne pas ce qu’il attend, l’autre se lasse. On ne s’obstine à aimer jusqu’à la mort que dans les opéras, ou les romans, dans la vie on se fatigue d’espérer. »  (p. 129)

Le Nu intérieur du titre vient de « Maupassant » (Notre coeur) et on y croise des textes de Michaux et Ghérasim Luca ….  Je les ai lu poliment toutes les pages, en regrettant les Sallenave, Ernaux et autres Laurens qui savent – certes toujours du côté de la femme –  dépeindre (à mon avis) mieux les tourments suscité par des relations triangulaires…

 

 

 

A propos lorenztradfin

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Un commentaire pour Nu intérieur

  1. Youpi ! Un livre à ne pas lire ! 🙂

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