Fidelio

Je reviens peu à peu dans le mainstream de la vie quotidienne « normale » – les vagues s’aplanissent un peu, donc temps pour vous parler d’une traversée en bateau vue dans un film récemment (toujours en mer calme et plate….):

Fidelio, l’odyssée d’Alice (de Lucie Boleteau)

227747.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

sorti en catimini le 24 décembre.  Alice a 30 ans. Elle est mécanicienne et s’embarque – en remplacement d’un mécanicien décédé – pour une mission de quelques semaines sur un (vieux) cargo, le « Fidelio » du titre. Elle laisse son amoureux (Félix) sur terre  et constatera sur le bateau que le capitaine n’est d’autre qu’un ancien amour. (Melvil Poupaud – que je n’ai plus revu depuis Laurence Anyway). Elle trouve lors de la traversée le journal intime du mécanicien décédé, dont le récit (en voix off) fait résonner en elle les questions sur la vie, l’amour…

Drôle de film entièrement porté par l’actrice « Mimi Cracra » : Arian Labed dont le visage radieux, sa soif de sensualité (quelques scènes de sexe sans apesanteur dans lesquels elle est – comme dans son travail de mécanicienne – entièrement l’égale à l’homme (aux hommes)  illuminent tranquillement toute la pellicule. (elle a reçu le prix d’interpétation à Locarno)

451292.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Pour être honnête, je n’ai vu qu’elle dans ce film, chaque échappée en dehors du bateau, chaque scène décrivant la vie à bord, les rites (passage de l’équateur), les sorties en boite dans les ports ne m’ont pas touché  (trop classiques? trop documentaires?). Je  voulais voir ce bon bout de femme qui aime autant l’amour que le sexe, cette femme qui – en bleu de chauffe – survit dans un monde d’hommes qui se soûlent, regardent des pornos et la laissent tranquille sans animosité, ni tension… (je me demande si ceci est possible dans la réalité) – quand-même , une petite scène nous la montre comme elle se refuse à un marin sans se démonter…

061459.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Un film finalement sur la difficile liberté d’aimer une personne, de coucher avec une autre, et encore une autre, et continuer d’aimer malgré tout, ….

Donc intéressant, mais parfois un peu longuet sur les bords (c’est à dire chaque fois que Arian Labed n’est pas à l’image, ou en tête-à-tête avec un de ses amoureux/amants.  dont l’étonnant et mystérieux Anders Danielsen Lie, dont la réaction digne – il la regarde se consumer sans interférer et laissera son amoureuse se débrouiller seule face au défi du destin de femme libre – m’a scotché….).

Je pense que L. Borleteau est finalement plus à l’aise dans la description de l’ancrage d’une passion(née) dans un milieu très codifié (le bateau) et moins dans la penture de la vie de tous les jours de l’équipe et des individus la composants.

Toutefois un bon petit premier film qui mérite qu’on s’y arrête.

068803.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Critikat écrit: 

http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/fidelio-l-odyssee-d-alice.html

…..Cette odyssée amoureuse au scénario ficelé selon les règles (intrigue secondaire comprise) va avec une sensualité bien à elle – qui, à l’image de sa protagoniste, se donne pour ce qu’elle est : simple et évidente. Commune, en somme. Mais c’est à cette franchise, d’autant plus si elle est féminine, que le cinéma nous habitue peu : celle d’une romance en bleus de travail dans laquelle personne ne joue à être sexy – si on entend le terme comme la version aseptisée et vendeuse de la sensualité. Ce ne sont pas seulement le cadre et les machines qui rythment le quotidien qui veulent ça : la sensualité est là, mais elle vient plus d’une tension narrative que d’un pauvre glamour enjoliveur. Lucie Borleteau montre les corps comme ils sont, ces corps qui vont les uns vers les autres et en parlent comme c’est.

La peau douce

Du documentaire, on sent le souvenir non seulement dans les conditions de production (en immersion, après recherches – la réalisatrice a par exemple fait passer des questionnaires parmi les marins pour les interroger sur leur intimité, d’où la remarquable acuité de son film et des dialogues surtout), mais aussi dans la mise en scène qui aime accumuler, grâce à la voix off que lui permet de créer la correspondance entre Alice et son amant norvégien ou la lecture d’un journal intime, des gros plans sur des détails du quotidien qui caractérisent les personnages et ouvrent l’imaginaire : photos, cartes postales, piles de livres dont on fait la revue… Une mise en forme romantique du quotidien, qui va bien à l’esprit et l’élan amoureux et altruistes du film, au milieu des machines qui impriment les corps de leur incessante vibration, de leur bruit assourdissant. L’arrivée d’Alice sur le bateau est à ce titre très belle : après un embarquement nocturne elle prend ses fonctions au matin sans avoir encore rencontré ses collègues. Dans la salle des machines, un casque sur les oreilles, personne ne s’entend mais chacun s’affaire déjà à sa tâche dans un court ballet, parfaitement orchestré…..

Le site facebook :

https://www.facebook.com/fidelio.lefilm

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
Cet article, publié dans Cinéma, est tagué , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s