Une enfance – Boyhood

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Excellent film de Richard Linkater –

« Boyhood »

Projet fou – d’après un schéma déjà connu par ses précédents films  (Before sunrise, Before Sunset, Before midnight…., – avec – déjà- Ethan Hawke et July Delpy  – qui dans ce sequel jouent un couple à des moments de leur vie à 5-10 ans de distance ).

Boyhood retrace sur douze années la vie (plutôt des moments clé/charnières) d’un enfant (et de son environnement – parents séparés, deux beaux-pères, déménagements…) jusqu’à son entrée en université…. et ceci « en temps réel » à savoir tous les ans un tournage de 4 semaines, toujours avec les mêmes acteurs (qu’on voit donc vieillir en « vrai de vrai » et sans maquillage pour le vieillissement)…. (le cauchemar d’un producteur : Est-ce que je les réunirai les mêmes d’une année à l’autre? Personne me fera faux-bond? Une maladie? Un accident…

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Au-delà de ce running gag le film (de 2h40) s’avère être le miroir d’une vie (pas de la vie) avec ses petits hauts et bas, avec les petits riens qui vous construisent ou vous terrassent… mais aussi l’évolution des Etats – Unis (9.11.2001, Irak/Afghanistan, Obama/Caine, le baseball, le bible belt – scène pour nous incompréhensible : ou le grand-père offre un fusil au petit-fils de 16 ans, le fusil que lui-même a eu de son père et celui….)

Une femme élève ses deux enfants (garçon et fille), le père n’était pas prêt au moment de la naissance et ne se re-présente que 7 ans plus tard, prêt à s’occuper (pendant le week-end) des enfants. La mère reprend des études, finit  maitre de conférence, se marie (et divorce – 1), se marie (et divorce – 2)…. et on voit le garçon se construire….

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Je n’ai pas vu le temps passer, Linkater fait confiance au spectateur – jamais une petite pancarte disant : 12 mois plus tard…. – on suit les personnages, on s’y attache….. je ne comprenais pas pourquoi la mère se choisissait toujours les mauvais mec/maris, j’ai frissonné quand je l’ai vu regarder son fils avec un amour au-delà de l’imaginable, j’ai été touché par les essais drôles et aimants du père d’offrir un père – un vrai – à ses enfants – j’ai « jalousé » le père pour une conversation (- drôle et touchante) entre « mecs » (sortie avec son fils le jour de son « bac »), j’ai eu presque les larmes aux yeux quand la mère s’exclame le jour du départ de son fils pour une ville universitaire que « la prochaine étape de sa vie serait son enterrement » ….

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La mise en scène est classique, pas de moments psychédéliques ou excités comme dans « Mommy », pas d’exaltation de moments clé – juste un choix précis (peut-être didactique?) de scènes qui permettent de montrer l’avancement dans la vie des divers personnages (donc des choix personnels) …. Linkater, d’après une interview que j’ai lu, se disait finalement content d’avoir eu, entre chaque tournage du temps (1 ans) pour réfléchir à la suite. Les points culminants de l’histoire il les connaissait, mais les petits détails, les phrases « vraies » (nature), il les a trouvé au cours d’une année de maturation, d’échange avec ses acteurs (qui bien entendu avaient leur mot à dire, infusaient dans le récit leur propre expériences, de leur propre vie (dans le cas de Arquette  un divorce aussi etc…)

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Film-vie qui hante encore le jour après, des images, des bribes de conversation qui reviennent, jamais spectaculaires – mais avec une finesse, subtilité et sensibilité très fortes, qui fait aussi réfléchir sur la filiation, la transmission.

Tous les acteurs sont formidables, une nouvelle fois un chapeau bas à Ethan Hawke qui m’impressionne.

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Pour moi un des grands films de 2014 qui marquent – un chef-d’oeuvre en mineur, qui ne fait pas de vagues, mais sonne sensiblement juste et émeut.

A propos lorenztradfin

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4 commentaires pour Une enfance – Boyhood

  1. J’ai ADORE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Non, mais on s’entend bien, en ce moment, tous les deux !!!! Il faut aller voir ce film autant pour l’instant que sa mise en scène parce que là on a le droit à une prouesse cinématographique. C’était très émouvant de voir les dernières scènes qui ont dû être dures pour les acteurs (devoir se quitter après s’être tous le sans ou deux ans retrouvés). Bonne soirée !

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  2. Jacques Aimard dit :

    Waooo! Après une telle promo, difficile de pas aller sur le champ réserver sa place!
    Merci Bernhard pour ce retour qui fait très envie…

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  3. Ping : 20th century women | Coquecigrues et ima-nu-ages

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