Une belle saloperie

 

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Il pleut pendant vos vacances? Tout le monde joue « 6 qui prend! » (gare aux gâcheries!!) et vous avez plutôt envie de dévorer un petit « policier »? J’ai ce qu’il vous faut : Robert Littell m’a régalé (comme un rayon de soleil) avec son bijoux autour de Lemuel Gunn (avec deux « n » svp) et son « Vendredi » (la belle Ornella Neppi que Lemuel appellera souvent sa « comtesse aux pieds nus » – « ses lèvres sortaient tout droit d’un roman de Scott Fitzgerald, ovales, humides, à peine entrouvertes en une incertitude permanente » (p. 28) dans un (vrai) polar réjouissant. Lemuel est un détective (ancien CIA revenu de la guerre d’Afghanistan…) qui va partir à la recherche du débiteur de la chère Ornella, un homme sous la protection d’une famille de la Mafia… et qui va bien entendu réussir (sa mission – pour le reste…?…).

Un zeste des frères Cohen, un humour ravageur à la Cormac, un peu de tendresse, une goutte de romantisme, road-movie, le désert californien…. Les Inrockuptibles sont cité en 4e de couv’ : « Un univers pittoresque farci de gueules patibulaires et de décors poisseux… ».

Plus d’une fois j’ai éclaté de rire à la lecture d’une phrase et/ou d’une tournure traduits formidablement par Cécile Arnaud. Plus rien à voir avec « La Compagnie » ou « Les soeurs » les autres livres lus ces derniers temps de cet auteur.

S’il y avait eu plus de soleil j’aurai peut-être été moins enthousiaste (le schéma est « classique », certaines situations prévisibles, un petit air de « déjà vu » chez Chandler ou San Anatonio…. )… toutefois ce petit nuage est balayé par la tchatche du détective, son côté « je suis dans le mauvais siècle », la critique sous-jacente de la guerre en Afghanistan (scènes dures),

« La vie est courte. Le but c’est de la rendre douce…J’avais gardé sa main assez longtemps dans la mienne pour qu’une certaine gêne s’installe. Les profondeurs de ses yeux d’un vert d’algue étaient sur le qui-vive comme si une alarme s’était déclenché dans sa tête. Elle dégagea sa main de mon étreinte avec le naturel de quelqu’un qui a perfectionné l’art de maintenir une distance entre elle et les hommes, toute heurtant le moins possible leur ego. » (p. 20)

« Qu’est-ce que ça veut dire googler? demandai-je à ma fidèle Vendredi. …… Elle se lança alors dans une explication, où il était question d’une locomotive de recherche, allez savoir ce que c’était. Je dus m’assoupir au milieu parce que j’ignore toujours ce que veut dire googler. Je me souviens en revanche que je m’endormis – nous nous endormîmes – sans consommer notre divorce. C’est fou d’être détendu au point de dormir dans le lit de Clara Bow avec une jolie femme, et même un spécimen particulièrement attirant, sans faire l’amour. Je ne peux pas parler pour Vendredi. Pour moi, ce fut une expérience exaltante. » (p. 205)

 

 

A propos lorenztradfin

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