La chambre bleue

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« La vie est différente quand on la vit et quand on l’épluche« ,

Très beau film de Mathieu Amalric. « La Chambre bleue »

La critique du « Petit Bulletin » (de Grenoble) dit : « Comme un contre-pied à « Tournée » Mathieu Amalric livre une adaptation cérébrale, glacée et radicale d’un roman de Simenon, où l’exhibition intime se heurte au déballage public, laissant dans l’ombre le trouble d’un amour fou et morbide. Intrigant »  J’aurai gommé le terme « morbide » et souligné ‘lintrigant »

Je n’ai pas lu le roman éponyme de G. Simenon (de 1963), dont ce film est une adaptation – transposée à notre époque – et qui tourne autour de l’adultère, du couple et de la culpabilité, mais aussi du mystère de la passion physique, la jouissance enfin trouvée : Un concessionnaire de machines agricoles revient dans sa région natale avec sa famille (femme & 1 enfant) et entame une liaison avec une amie d’enfance devenue pharmacienne, mariée elle aussi…. ils se retrouvent régulièrement dans un hôtel (dans la chambre bleue) …

Constituée de nombreux retours en arrière – que j’appellerai retours en parallèle – tant elle soulignent, accompagnent ou découpent les interrogatoires (du juge, des policiers, du psychologue…. – le film avance sans temps morts (j’étais captivé dès le début). Et quel début.

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Puzzle impressionniste constitué d’images figées de détails qui amènent le spectateur à déduire qu’on est dans un hôtel (hors champ un couple, bande son orgasmique d’un couple qu’on ne découvrira que qqs minutes plus tard mais dont on entend déjà les premières murmures … » »Tu pourrais vivre avec moi pour toujours? » )…..

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pour déboucher ensuite sèchement dans un interrogatoire (excellent Laurent Poitrenaux – qui en qqs scènes nous dessine un juge perplexe face à la passion ….), coupe – retour dans la chambre, la sueur qui perle sur les épaules magnifiques de la femme…., on se dit qu’il y’avait un mort, mais qui, un homme, une femme, la femme de lui, le mari d’elle? ….

Complètement d’accord avec la critique dans le Nouvel Obs  (Claire Micallef): « Les scènes d’interrogatoire et le passé revécu s’enchevêtrent en arabesque, au gré d’un montage aussi subtil et efficace que la narration de Simenon. Si le réalisateur filme les réminiscences de son personnage sous la forme de magnifiques plans séquences et s’il segmente les plans d’interrogatoire, c’est pour mieux montrer l’unité du souvenir, déformé, dépecé par la machine judiciaire. »

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1202092-la-chambre-bleue-avec-mathieu-amalric-un-film-aussi-subtil-que-l-oeuvre-de-simenon.html

Tourné en 4 semaines, Amalric fait jouer le rôle de la maitresse par sa femme dans la vie (Stéphanie Cléau – également coscénariste)… ce film est un petit bijou de 1h15 (âpre, Télérama aussi le caractérise comme « cérébrale »).. qui laissera le spectateur en fin de compte seul décider qui a tué qui…

J’ai passé un excellent moment – comme dans « Tournée » parfois des images d’une beauté étincelante (voir ce tableau Hopperien où le bleu de la chambre devient noir menaçant et enfermant:

6

 

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A propos lorenztradfin

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