Le Bolero et le 5e témoin

Lecture intermezzo…  « Le cinquième témoin » de Michael Connelly

9782253178941-T

Mickey Haller, l’homme avec deux ex-femmes qui sont ses meilleurs amis (connu des lecteurs de « Lincoln Lawyer » et de « Volte-Face « ) va défendre Lisa Trammel, accusée du meurtre d’un banquier trempé dans le business des subprimes.

Pas folichon ce polar judiciaire mais avec ce charme qu’ont les « films » de procès fleuve américains avec la lutte entre le procureur et la défense, la manipulation des membres du jury, des coups de théâtre surprise, son lot de rebondissements et des caractères avec leur faiblesses…..

Belle idée de comparer le travail de l’accusation au « Bolero » de Ravel….

« c’est un morceau qui dure, disons…. pas loin de quinze minutes, et qu’il commence lentement avec à peine quelques instruments et que petit à petit, il prend de l’élan et mont de plus en plus en un crescendo qui se termine en apothéose avec tous les instruments de l’orchestre qui entrent en danse. Et, dans le même temps, mes émotions des auditeurs n’arrêtent pas de monter elles aussi et se rejoignent au même instant. Et c’est exactement ce que l’accusation est en train de faire en ce moment. Elle est en train de faire monter et le volume et l’élan. Nous n’avons pas encore eu droit à ce qu’elle a de meilleur parce qu’elle va tout réunir juste à la fin avec les percussions, les cordes et les vents…. » (p.410 – sur 641)

Roman honnête, de série, avec un zest érotique pourvu d’un cache-sexe, un chouia de violence, et quelques gouttes d’effets de manche devant le jury…..bien traduit par Robert Pépin, pas vraiment haletant, juste ce qu’il fallait pour me détendre gentiment dans une phase tsunamiesque de traductions.

« Au prétoire, il y a trois choses que l’avocat ne doit jamais oublier : ce qui est connu, les inconnues connues et les inconnues inconnues…..j’avais l’intention de compter au nombre des inconnues inconnues…. Ma stratégie, elle (la procureure) ne la verrait pas avant d’avoir déjà un pied dans les sables mouvants et de voir son crescendo réduit au silence. (p. 447)

« Au lieu de partir en fanfare avec cymbales, tambours et pièces à conviction hurlant « C’est elle! c’est elle! c’est elle! », l’accusation se retirait sur un gémissement. Freeman (la procureure) était folle de rage. Elle savait toute l’importance du bénéfice à retirer d’un bon crescendo. On n’écoute pas le Bolero dix minutes durant pour l’arrêter deux minutes avant la fin. » (p. 469)

 

 

 

A propos lorenztradfin

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