Adams, Bayle & Renner – c’est le toupet

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[« Tous les arguments sont sur la table, mon cher…. »]

Je pense pour la première fois cette année (ok, ce ne sont que 6 semaines…) je me suis franchement amusé au cinéma. « American Bluff » de David O. Russell – complexe et décomplexé – ma plu.
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Malgré ses 2h16 (pour certains de mes amis il y avait des longueurs dans ce film à postiches) mais quel régal de mise en scène inventive avec des jeux sur le vrai-le faux, les surprises scénaristiques….

Première surprise: Christian Bale quasiment méconnaissable avec un bide et un postiche savamment et longuement appliqué et laqué – et qqs secondes après ébouriffé par son « partenaire »….

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C’est que le film commence au milieu d’une histoire, revient ensuite, par de petites scènes (flash-backant) bien senties, sur le passé des protagonistes et leur rencontre clé pour ensuite reprendre le fil du récit là ou il avait été abandonné……
Le film – en avançant, brouille toujours les pistes, à chaque instant il y a un élément, un incident qui peut faire basculer…. et tout le monde bluffe et/ou se cache derrière un masque….

Inspiré du scandale Abscam (du nom de la société fictive créée dans les années 1970 afin de piéger des fonctionnaires véreux), le film suit le parcours d’Irving Rosenfeld (Christian Bale), escroc à la petite semaine tiraillé entre une épouse maniaco-dépressive (Jennifer Lawrence) et une maîtresse interlope (Amy Adams). Pris dans les filets d’un dingo du FBI (Bradley Cooper), le voilà sommé d’improviser un traquenard pour officiels corrompus et grosses pointures de la mafia. Filmeur accompli, Russell épouse avec une remarquable limpidité les plis de ce scénario méandreux, tout en perturbant sa machinerie narrative de dérapages constants — interférences domestiques, trouées anecdotiques, saillies grotesques. On retrouve le goût du réalisateur pour les trajectoires qui s’entremêlent et se parasitent, cet attachement pour les groupes en lambeau (la famille y pèse toujours lourd) et les losers à la recherche d’un second souffle  [http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/american-bluff.html%5D

Comme chez M. Scorsese – nous avons une bande-son d’enfer (un vrai régal des 70th), il y a Robert de Niro, travellings avant, personnages marchant au ralenti – (le pastiche de Casino n’est pas loin)

Nouvel Obs n’est pas d’accord:
Il y a les robes décolletées d’Amy Adams. Le gros bide de Christian Bale. Les frisettes de Bradley Cooper. Il y a la BO qui fait du film une espèce de juke-box réglé sur les classiques du rock seventies. Il y a la réalisation de David O. Russell, brillante, mais comme une grosse ampoule. Il fallait bien tout ça pour rendre à peu près comestible cette sombre histoire d’arnaque où deux escrocs à la petite semaine se voient forcés de prêter main forte à un agent du FBI décidé à faire tomber un politicien véreux.
« Bonnie and Clyde » arrivait à rendre des crapules sympathiques ; le très surestimé David O. Russell, lui, se croit au-dessus de ses personnages. Hypercontent de lui, vague, ce films, qui remixe « les Affranchis », « Boogie Nights » et « Argo » sur un mode quasi parodique, se traîne en longueur (2 heures 17 quand même). Il se regarde comme on feuillette un magazine de mode, ou un long clip. « American Bullshit », le titre originel proposé par David O. Russell, eût été plus approprié.

A propos lorenztradfin

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2 commentaires pour Adams, Bayle & Renner – c’est le toupet

  1. Très envie de voir ce film, ça contient je pense tout ce qui me plaît aussi dans la littérature américaine contemporaine

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  2. Ping : Farandole cinématographique | Coquecigrues et ima-nu-ages

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