la tragédie transpire

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Hier soir MC2 de Grenoble avec l’époustouflant (flabberghasting) ballet (pardon : poème chorégraphique) : « Tragédie » de Oliver Dubois qui m’a laissé heureux, groggy, perturbé, (r-)éveillé…. Un « ballet in-corps-oré » d’une beauté archaique sidérante.

http://www.youtube.com/watch?v=A3Jno6Y5u9w

Pourtant ce poème dansé en trois parties -« Parade » « Episodes » et « Catharsis » – commence (une bonne vingtaine de minutes certainement) avec la marche, avec des pas, repetés inlassablement, mécaniquement imperturbables, avec peu de variations … temps pour regarder les corps nus des 18 danseurs, de s’y habituer, d’oublier leur nudité, observer la différence dans leurs mouvements (et on l’oublie vraiment, je vous le jure, leur nudité!!),  les retournements…(« Lisez, ceci est mon corps » (dit Dubois) …

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Mais juste au moment ou je me suis dit, d’acc’, on a compris, mais quand est-ce que tu nous montre autre chose,  « Les épisodes » débutent imperceptiblent par des  « déreglements » des mouvements jusque là reglés comme du papier à musique, tressautements, mouvements incontrôlés qui font dévier les danseurs de leurs trajectoires, les individus se regroupent, forment des masses groupés…mouvements de groupe qui rapellent ceux de Pina Bausch…..et enfin la « Catharsis » qui débute avec une guitare stridente poussant le rythme de la musique techno de plus en plus envoutante (au début un battement de cœur… ensuite une montée hypnotisante) ….

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Tragédie : ils’agit de la marche, du pas. Cette pièce va de la marche à l’exode en passant par la course.Les corps se déplacent comme des vagues qui construisent un limon, des strates, par aller-retour qui s’accélèrent jusqu’à un grand martèlement collectif, humain. À un moment donné, au fil de ces apparitions, de  ces prises de paroles in-corporées, on assiste à la disparition des identités, du genre. Ne restent que des plaques de peau, comme des plaques tectoniques. La peau qui gagne du terrain pour recouvrir le monde. Nous sommes six milliards d’humains sur terre. J’aime l’idée que, nus et allongés, nous recouvririons le monde de nos peaux. (Feuille programme/salle)
tragedie

 

Conférence-Discussion à la MC2 « mais pourquoi sont-ils encore tous nus? » :

https://soundcloud.com/mc2grenoble/conf-rence-mais-pourquoi-sont

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Une nouvelle fois – faute de temps, faute aussi pour finalement trouver des mots pour le trop plein d’émotions différentes –  voici (en guise de critique personnelle) un florilège de critiques dans le WWW (français et allemand) : critiques et expressions auxquels je souscrit farpaitement.

images

http://danseaujourdhui.blogspot.fr/search/label/Olivier%20Dubois

Tragedie-Christophe-Raynaud-de-Lage

http://danseaujourdhui.blogspot.fr/2013/09/une-tragedie-qui-finit-bien-merci.html

Si je dois être le dernier à en parler, je ne serai pas le dernier à l’avoir vu.

Tragédie d’Oliver Dubois est au Cent Quatre (encore) ce soir à Paris, et s’il reste des places, ruez-vous. La nudité sur scène n’est pas neuve, est même devenue parfois anecdotique, et  le Living Theater is not dead.

 Dans cette chorégraphie pour 18 êtres humains nus, l’enjeu était donc de taille (si j’ose dire).  En effet, passé les premières minutes de visite médicale (c’est humain, justement et pour tout dire naturel), toute la question était de savoir s’il y avait quelque chose caché derrière, ou si c’était juste des derrières, justement.

 Et dès les premières secondes, on se doute que ce sera le premier cas de figure…

Les danseurs marchent de manière rectiligne, scientifique et presque mécanique sur une sorte de métronome techno (une partition remarquable de François Caffenne, indissociable des corps et des mouvements qu’y s’y enchaînent).  Full frontal.  On pense à ses traités d’anatomie, à des captures de mouvement, dans ce premier chapitre en forme de déclaration.  Toutes les déclarations.

 Passé le quart d’heure anatomique, donc, on observe d’avantage une société organique et organisée, régie, gérée.  Peu à peu la mécanique s’enraye, la machine dérape, les rouages s’engrainent de sable.

 Au moment où le protocole devient hypnotique, la tragédie commence, nous entraînant du régit à l’orgie, du charnel au charnier, du collectif au fusionnel, et du commun au singulier.

 La performance de ces dix huit danseurs n’est pas de se mettre à nu, mais de réussir à nous foutre à poil.  Techniquement irréprochables, sauvagement familiers.  Mille bravos à eux.

 Mais je ne voudrais pas trop user de mots, de néologismes et de métaphores, pour décrire cette époustouflante Tragédie.

 Si ce n’est qu’il remplit juste, justement, et très justement, ce qu’on a  pour coutume d’appeler en bon français le spectacle vivant …

http://stephanecusters.blogspot.fr/2013/10/a-mon-avis-tragedie-dolivier-dubois-le.html

La tension c’est aussi celle du spectateur qui, après s’être posé des questions, avoir essayé de comprendre, laisse la raison au vestiaire et vit le spectacle, véritablement, avec ses yeux, avec son corps aussi, tendu dans l’attente et la contemplation

http://ldr56.over-blog.com/2013/11/semaine-critique.html

Schon nach wenigen Augenblicken schlägt Dubois sein Publikum in den Bann – 90 Minuten lang, ohne Pause. Man kann sich kaum lösen von diesen Menschen und ihrer Tragödie, das Stück wirkt noch viele Stunden nach. Was auch mit der großartigen Dramaturgie zusammenhängt, mit der Dubois dieses Stück aufgebaut hat – nach altgriechischer Tradition mit Parade, Episoden und Katharsis.

 Es beginnt streng formal – zuerst einzeln, später gemeinsam gehen die Tänzer zu stereotypen Paukenschlägen (elektronische Musik von François Caffenne) im Vierertakt über die Bühne – immer vier Schritte zu einem Schlag, mit ausdruckslosen Gesichtern, den Blick nach vorne gerichtet, mit gleichförmigen Bewegungen, die Arme schlicht rechts und links neben dem Körper, kaum schwingend, fast soldatisch. Alle machen das gleiche, immer wieder, an verschiedenen Stellen, in unterschiedlichen Formationen. Es kommt zu keinerlei Begegnung oder gar Berührung. Zwischendurch gehen einzelne immer wieder nach hinten durch den Fadenvorhang ab, um wie aus der Versenkung, aus dem Nichts wieder aufzutauchen.

 Interessant das Nebeneinander von Takt und Rhythmus an dieser Stelle – die Musik, die Paukenschläge kommen streng im Takt, in immer gleichen Abständen, wie von einem Motor. Diese Monotonie ist charakteristisch für die Welt der Maschinen, der Lebensfeindlichkeit. Würde tatsächlich ein Paukist auf der Bühne stehen, wäre das anders. Es gäbe bei jedem Schlag eine kleine Abweichung, kein Schlag wäre wirklich gleich – das ist das Charakteristikum des Rhythmus’, er wiederholt sich, aber immer mit einer winzigen Variation, die das Ganze lebendig macht. Diese Spannung zwischen Maschine (Paukenschläge) einerseits und den sich bewegenden Menschen andererseits, die zwar alle immer vier Schritte pro Schlag machen, aber eben immer wieder anders, mit zahllosen Variationen, nie gleich – das ist die Faszination der ersten 35 Minuten in diesem Stück.

 Danach verändert es sich – die Menschen brechen plötzlich aus aus dem Stereotyp, zucken mal hier mit der Hand, strecken mal da den Arm, verziehen das Gesicht, kommen für Bruchteile von Sekunden miteinander in Berührung. Dubois lässt die Tänzer torkeln und taumeln, zucken und zappeln, stolpern und stürzen, immer haarscharf aneinander vorbei. Alles bleibt ständig in Bewegung, das rhythmische Schreiten hört nie auf. Einmal sammeln sich alle auf der linken Seite, lösen die Formation aber rasch wieder auf und bilden zwei Gruppen: Frauen links, Männer rechts, bis sie sich wieder vermischen.

 Auch in der Musik tut sich jetzt was, andere Klänge kommen hinzu, bilden eine neue Mélange, und so steigert sich – ähnlich wie bei Ravels „Bolero“ das Ganze bis zu einer gnadenlosen Geräuschkulisse, die man leider nur mit Ohrstöpseln ertragen kann, wodurch viele Details akustisch verloren gehen (schon am Eingang heißt es: „Es wird sehr laut, nehmen Sie den bereitgestellten Gehörschutz mit!“).

Im dritten Teil steigert sich der Tanz zu einem wütend-verzweifelten Furor, die Musik wird immer noch lauter, die Körper zucken und zittern wie in Extase, verausgaben sich völlig. Grandios der Moment, als das Stroboskop-Licht einsetzt und die Tänzer in Bewegungsmomenten erfasst, als würden sie in eine andere Welt katapultiert. Um dann doch wieder auf der Bühne zu landen und sich den hämmernden Rhythmen der Musik hinzugeben.

 Zum Schluss stürzen alle auf der rechten Seite der Bühne übereinander, lösen sich wieder, stehen langsam, sehr langsam auf und verschwinden einzeln nacheinander durch den Fadenvorhang. Die letzte dreht sich noch einmal zum Publikum um, bevor die Musik abrupt abbricht – auch das ein magischer Moment.

 Olivier Dubois ist hier ein Meisterwerk gelungen, dessen Faszination man sich kaum entziehen kann – auch dank der großartigen Tänzer. Möglich, dass das Stück noch mehr Magie entfalten könnte, wenn die Rauheit der alten Kampnagelfabrik mit ihren Eisenkränen und Deckenstreben noch deutlicher sichtbar wäre. Möglich, dass dieses Stück gerade aufgrund seiner Analogie zu den altgriechischen Chören auch in einem großen antiken Amphitheater noch dramatischer und archaischer wirkt. Es wäre das Tüpfelchen auf dem i. Aber auch so lässt sich nur raten: Wer noch eine der wenigen Restkarten ergattern kann: nichts wie hin!

http://www.tanznetz.de/blog/25992/archaischer-chorus

A propos lorenztradfin

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Un commentaire pour la tragédie transpire

  1. Une langue que je maîtrise mal et cela depuis le lycée. Toujours au stade des Bremer Stadtmusikanten 🙂 🙂

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