Suzanne

3ème film français en une semaine. Cette fois-ci en compagnie de notre fille – et voilou, pour ne pas dire « enfin » un moment bouleversant.

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Katelle Quillévéré (dont je n’avais pas vu le film « Un poison violent – prix Jean Vigo en 2010) nous raconte 25 ans de la vie d’une famille (le père veuf – formidable François Damiens

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, personnage émouvant  – Maria et Suzanne – Adèle Haenel et Sara Forestier

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excellentes et bouleversantes – et Charlie, le fils de Suzanne, de père inconnu)

Suzanne rencontre une petite frappe et en tombe éperdument amoureuse, quitte le giron familiale, crèche chez sa sœur (ouvrière) et vit sa vie d’amoureuse (en cavale)

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« And you want to travel with her, And you want to travel blind And you know that she will trust you
For you’ve touched her perfect body with your mind.//

Et tu veux voyager avec lui/Et tu veux voyager les yeux fermés/Et tu penses que peut-être tu lui feras confiance/Car il a touché ton corps parfait avec son esprit… »

Pourtant le film ne parle pas que de Suzanne…. elle est une sorte de pivot de la narration, autour de laquelle gravitent le père et la sœur (ainsi que la mère morte absente et pourtant présente par sa tombe visitée de temps en temps) se tissent les liens entre eux, se compose une vie…

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce film c’était ce qu’il ne montre pas… Pas d’explications, des évolutions hors-champs, pas d’approche psychologisante…. On doit prendre Suzanne telle qu’elle est et Sara Forestier a une telle énergie en elle qu’on la suit partout, sans juger…. vraiment un beau personnage de ciné….

Emotions, des scènes qui font pousser des larmes sans verser dans le mélo.

Après le film bien belle discussion avec C. (qui n’avait pas aimé du tout le film – raisons: pour elle trop de scènes too much sans « explication », la série de tuiles qui arrive à Suzanne, la sérénité « soudaine » (re-)trouvée de Suzanne à la fin….) et avec T. (son premier film vu au cinoche depuis 3 ans). T. a beaucoup aimé aussi – et a été touchée par les personnages.

D’accord avec la critique du « Petit Bulletin » (http://www.petit-bulletin.fr/grenoble/cinema-article-47214-Suzanne.html dont je reproduis une bonne partie ci-dessous :

Quillévéré décide de laisser le mystère sombrer dans un des nombreux vides narratifs soigneusement entretenus, comme un trou noir qui aspirerait toutes les tentatives d’explications, psychologiques ou sociologiques, qui voudraient percer à peu de frais l’opacité de son personnage. Elle-même finira par disparaître du récit, au profit d’une longue ellipse : on la laisse filant le parfait amour avec un ange noir en cavale, on la retrouve des années après en prison, attendant le verdict de son procès pour une banale affaire d’effraction…

La force du film tient ainsi à cette manière de souffler en permanence le chaud du mélodrame et le froid sec de la distanciation, créée d’un côté par sa narration pleine de béances, de l’autre par la prestation remarquable de Sara Forestier, que la cinéaste regarde comme une page blanche sur laquelle rien ne s’imprime vraiment : ni le temps, ni les épreuves. Lorsqu’elle craque, c’est toujours en s’isolant – à moins que ce ne soit la caméra qui choisisse de la laisser seule avec sa douleur, et quand elle prend une décision, celle-ci débarque de nulle part et remet toujours en cause les maigres certitudes que l’on avait sur elle.

Le film l’accompagne sur vingt-cinq années, mais ne cherche pas à en faire un emblème générationnel ; il travaille plutôt à faire tournoyer les époques autour d’elle, saisissant par la musique, les vêtements et les décors le passage du temps, marqueurs culturels d’une tragédie par ailleurs universelle – l’amour fou contre la raison, la liberté à l’épreuve de son corollaire, la culpabilité.

Belle fin du film (générique) avec la musique de Nina Simone (chantant « Suzanne » de L. Cohen à sa manière bien à elle)

A propos lorenztradfin

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