automnes – hivers

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2 Automnes 3 hivers (de Sébastien Betbeder)

Trop feignant pour parler de ce film vu samedi – je pique sur « Le Monde » le début d’une critique :

Un grand charme et une vraie drôlerie émanent de cette facture narrative sophistiquée, réfractée par la multiplicité des supports et des textures d’images, le tout se mettant au service d’une simple comédie sentimentale.

Décortiquons, pour être clair, les vingt premières minutes du film. C’est le temps qu’il faut au réalisateur pour former son couple principal. Chacun de leur côté, sur des plans triviaux qui les révèlent, les protagonistes se présentent. 1. « Arman » : 33 ans, Parisien sans qualité, métier inintéressant, qui aimerait bien commencer à vivre. 2. « Amélie » : 28 ans, étudiante en histoire de l’art, note l’apparition de ses premières rides, renonce par avance à la chirurgie esthétique. 3. « Il faut que quelque chose arrive » : ce sera le début du direct avec une agréable collision de jogging, un samedi, au parc des Buttes-Chaumont.

Evidemment, Arman y retourne, non sans avoir fait l’acquisition d’un sweet noir à triple bande blanche (voyez le genre), dans l’espoir de la retrouver. Mais rien, ni le dimanche, ni le week-end suivant.

Dans la foulée, on note l’apparition de Benjamin au chapitre 5. Qui révèle leur amitié vieille de dix ans, nouée aux Beaux-Arts de Bordeaux. Tandis qu’Arman prend le relais de cette évocation et que leurs témoignages se croisent, hommage senti, en chapitre 6, à « Eugène Green et Judd Appatow », références cinématographiques de leurs premières années parisiennes. Le souvenir d’une sortie de salle et d’un café où le garçon ressemblait à Michel Delpech amène à ce merveilleux plan au présent où Arman, traversant nuitamment le Marais à vélo, écoute à fond Le Chasseur, retrouvé « au fond de son iPod ». Travelling arrière en contre-plongée sur son visage, insert d’un vol d’oies sauvages dans un ciel diurne, voix du crooner tricolore modulant « là-hauuuuut dans les nuages ». Il y a des jours où le cinéma est aussi simple que ça. http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/12/24/2-automnes-3-hivers-arman-et-amelie-tout-un-roman_4339314_3246.html

Avis perso : Le film est au début un peu déroutant – le dispositif des acteurs face à la caméra s’adressant à nous (façon nouvelle vague) les spectateurs fait sourire un premier temps et devient ensuite un peu lassant. Toutefois, mine de rien, cette impression s’estompe peu-à-peu (par quel miracle?) …. les personnages se complexifient, il y a une noirceur et mélancolie qui s’insinuent dans le récit (formidable dernières deux minutes du film – qui rejoignent le début du film) – Vincent Macaigne (Arman) est excellent….

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En fin de compte, un film anecdotique (qui fait – dans sa première partie sourire souvent), toutefois beaucoup plus profond dans la veine d’un « portrait d’une génération » (ou les turpitudes de trentenaires) que n’est le film de Klapischhttps://lorenztradfin.wordpress.com/2013/12/30/onze-ans-apres/ .  Un film pour les amoureux de la littérature (on a presque l’impression qu’il y a plus de mots prononcés que d’images montrées) et les curieux….

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