Green River

« L’odeur de la haine » – c’était le titre de la précédente parution du livre en 1995….A la recherche d’une lecture pour un voyage j’ai opté pour ce brûlot de Tim Willocks (en occasion chez Gibert…) et je n’étais pas déçu.

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Quelle découverte …. et âmes sensibles s’abstenir….Pierre Grandjouan, le traducteur a fait un travail phenomenal pour cracher le Verbe……

L’ancien médecin Ray Klein, condamné pour un viol (qu’il n’a pas commis) purge sa peine dans la prison de haute sécurité Green River. Le directeur (John Hobbes) de ce molosse architectural est fou à lier et déclenche une émeute justement la veille de la libération de Klein (après quelques années de prison). Ce dernier officinait dans l’infirmerie (qui deviant, à cause d’un groupe de malades de Sida, également la cible des révoltés)…. et Juliette Devlin, la psychiatre dont Ray est tombé amoureux (une scène décrivant l’attirance sexuelle est simplement anthologique) s’y trouvera par hazard au moment de l’explosion (mais est-ce qu’il y a des hasards?) à l’infirmerie et Ray doit – au lieu de se terrer dans sa cellule « rien à foutre » – plonger dans la mêlée…..

Psychopathes, sadiques, innocents, guerre totale…on dirait du H. Bosch, Sodome et Gomorrhe, parfois à la limite du supportable et toujours sans concession…La storyline (le pitch) est peut-être tenu, mais la galérie de personnages (cinématographiques) et leur monologue interne, leur manqué de parole aussi est tout simplement époustouflant.

Certes, la fin est un peu trop « américain », les méchants « gentils » peut-être un peu « too much » – parfois aussi quelques longueurs explicatives….mais rien qui m’a freiné dans mon enthousiasme .

Une petite ballade dans le web me montre que j’en ai raté (plein) de lectures de cet auteur…. et que « Green River » n’est que son 2e roman et selon les lecteurs empreints de pas mal de faiblesses….ce qui inaugurera la lecture d’autres bouquins que je ne vais pas tarder à lire non plus (ahhh ma p.à.l.)

Moi de toute-façon je n’ai pas lu de « hardboiler » aussi bien écrit (et nommant un chat un chat) depuis un bon moment….

 » Comme une tornade tropicale, la violence archaïque des humains soufflait par brusques rafales dans le pénitencier. Elle arrachait des homes de leur cellules, les exposait impitoyablement au fer et au feu, dévoilait la laideur, la virulence, la loured puanteur de l’homme dans toute la pureté de son être, et rugissait du haut en bas des cages entassés du bloc D.  (p. 253)

Et pour les « romantiques » ….le début du face-à-face de Klein&Devlin….

«  » » Un parfait connard. » Klein attendait qu’une parfaite riposte cinglante sorte de sa bouche. Il devait bien y avoir une, quelque part. Mais il était hypnotise par ses yeux, perdu, sans voix. Salut, je m’appelle Ray Klein et je ne suis qu’un trouduc.  Un parfait connard. Merci de m’avoir écouté. Il avaiot l’impression d’avoir une capote pleine d’air dans sa bouche. Pour l’amour du ciel, mec, parle. « J’ai besoin d’une cigarette. »

http://actu-du-noir.over-blog.com/article-le-premier-roman-de-tim-willocks-49264199.html

A propos lorenztradfin

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Un commentaire pour Green River

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