Solange & le Congo

P.O.L. adore les titres longs teasers

pol_aimer les hommes

« Il faut beaucoup aimer les hommes »

Ce dernier opus de Marie Darrieussecq, m’a été passé à l’occasion de notre dernier Club de Lecture & Vin (au cours duquel nous avions passionément discuté de « Corky » de C. Oates) . Les aventures de Solange n’ont pas été jugé digne d’une lecture « imposé à tous » – donc je m’y suis collé tout seul, comme un grand et en sors plutôt ravi.

« Une femme rencontre un homme. Coup de foudre. L’homme est noir, la femme blanche. Et alors? » – c’est le pitch de la 4e…..presque blanche.

312 pages aérées. Phrases courtes. Parfois pas de phrase du tout.

« Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela, ce n’est pas possible, on ne peut pas les supporter. » Cette phrase mise en exergue est de Marguerite Duras (et titre un chapitre aussi – p.107). Duras vous avez dit? Parfois on y songe, mais moins dans la première partie du livre :  » Elle ne voyait plus son visage, ni ses yeux divagants. Leurs reliefs s’annulaient, chaleur cyclope et bouches mouillées. Il voulait parler encore, mais moins. Sa bouche éclosait hors de ses joues râpeuses, ses lèvres étaient encore plus douces et elle fondait, molle et dure, tendre et tendue. Il s’écarta une seconde et elle crut qu’il allait encore évangéliser avec le Congo mais non. Il la regardait. Il avait l’air heureux.  »

Pour être franc, dans un premier temps, jusqu’au 2e chapitre (le livre en contient, comme une piece de theatre 5 actes/chapitres)…je me suis dit : mais dans quoi est-ce que tu t’es embarqué? Il y avait un côté strass, people, namedropping (ahhh ces Georges et autres Steven….) , expressions tirées d’un mauvais Harlekin (pardon Mumu !) [Il aime lire. « Il n’y a rien de plus sexy qu’un homme qui lit. » (p. 26.  ….mais peu à peu le livre s’est livré, bras ouvert….avec du coup de très belles phrases et reflexions à la clé…..

« Le silure du temps, un poisson d’eau croupie, un gros poisson de fleuve lent. Elle se décomposait. »  (p.110).

Peut-être le moment de bascule de l’intérêt est à chercher – pour moi – aussi du changement géographique. Saut d’Hollywood à l’Afrique noir (Congo) –  avec ses mystères, son étrangeté ….qui m’a souvent rappelé les billets de notre fille qui se trouve actuellement à Brazza’…….En effet, dans mon imaginaire (je ne suis encore jamais allé en Afrique) je me dis qu’on doit, en tant que blanc, certainement souvent se poser la question, une fois là-bas « qu’est-ce être noir? qu’est-ce être blanc/-blanche »)….Nous sommes tous pareils ? et/ou finalement pas…..uniquement question de couleur de peau?

Autre moment de bascule : le jeu des poupées russes (faire loin de Hollywood et dans le « vrai » Congo un film anti Coppola (Apocalypse now) d’après le livre de J. Conrad  « Au coeur des ténèbres » (le sien est une « adaptation libre qui parle davantage du Vietnam et a été tourné aux Philippines………).

Enfin la lancinante litanie de l’attente de Solange (vient-il, vient-il pas….), les questions finalement soulevées par elle à elle-même.

Franchement, à part dans le premier chapitre, je ne me suis jamais ennuyé et pris bcp de plaisir à lire ces aventures (sentimentales, sensibles ET sensées) de Solange au Congo…..Quant au réferences ou la reflexions-réponse – selon les critiques – au discours de N.S. de Dakar….je dois être un peu bouché.

A propos lorenztradfin

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