Ceci n’est pas un Jésus

Une enfance de jésus – de J.M. Coetzee (The childhood of Jesus)

4e de couv’ (Seuil)

Le jeune David et Simón, son protecteur, sont arrivés – on ne sait d’où – par bateau au camp de transit, où ils ont été reconditionnés afin de s’intégrer dans leur nou­veau pays : nouveaux noms, nouvelles dates de naissance, mémoire lavée de tout souvenir, apprentissage rapide de l’espagnol, langue du pays. Puis ils ont traversé le désert et ont atterri dans un centre d’accueil, où les services publics leur allouent un logement et aident Simón à obtenir un emploi de docker. David ayant perdu en mer la lettre qui expliquait sa filiation, Simón se fait le serment de lui trouver une mère que son intuition seule désignera. Inés est l’élue.

Avec ce récit impressionnant par la fraîcheur de la rela­tion qu’il instaure entre l’homme et l’enfant, Coetzee opère un retour spectaculaire à la manière romanesque. Cette fable universelle aux multiples lectures possibles, où les questions, sans réponse, en amènent de nouvelles comme dans un cycle éternel, stimule l’intellect et l’imagination, faisant grandir le lecteur, et s’imprime en lui.

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Je dois être un peu bouché en ce moment. Les traductions des dernières semaines m’ont-elles ôté toute ouverture d’esprit? « Romanesque » – bon, ben….philosophique je dirais plutôt, avec un côté fable « de bazar mièvre »…ou, soyons généreux : avec un zeste de Beckett (pour le côté : 2 hommes, 1 valise, ….). « Multiples lectures possibles » – hmmm, d’acc’ mais je n’ai pas trouvé la clé d’accès (à aucune des portes). Et ça commence dès le titre : « Une enfance… » (en frç) contre « The childhood« ..(VO)

« L’autre jour vous me parliez de la bonne volonté, la bonne volonté comme un baume universel pour tous nos maux, dit-il à Elena. Mais est-ce qu’il ne nous arrive pas parfois d’éprouver le manque de bons vieux contacts physiques? » (p.85) ….. »La seule amitié, ce n’est pas assez bon pour toi. […] Avec cette ancienne façon de penser, si comblé que l’on soit, il manque toujours quelque chose. Le nom que tu choisis de donner à ce quelque chose de plus qui manque est « passion ». Pourtant, je suis prête à parier que si demain on t’offrait toute la passion que tu veux – de la passion en veux-tu en voilà – tu ne tarderais pas à trouver quelque chose d’autre qui te fait défaut. Cette dissatisfaction sans fin, ce désir ardent pour le quelque chose d’autre qui manque toujours, est une façon de penser dont nous sommes bien débarrassés, à mon avis. Rien ne manque. Ce rien qui te paraît manquer est une illusion. Tu vis dans une illusion

Difficultés de comprehension (« Les hommes et femmes sont différents » – p. 81 – je ne savais pas! ) L’homme dit et souhaite de la femme : « amitié » « contact physique », « bienveillance » et/ou  « bonne volonté »  …..elle n’en a cure parce que il n’en aura jamais assez….(est-ce qu’il doit finalement faire les adieux au sexe? – p.88))

Stupéfaction à la lecture du cours d’une enseignante «aux cheveux gris fer» qui disserte sur «la table et sa proche parente, la chaise»; la lecture à l’enfant des extraits de Don Quichotte-Benegeli  pour enfants; les contes-fables (notamment celui des 3 frères p. 200….) ainsi que l’histoire du germano-anglais-espagnol…page 96 qui m’a laissée particulièrement perplexe : Soit, il s’agit d’une blague pour nous emmener à penser que l’anglais/l’allemand = meme insignificance par rapport à l’espagnol? Soit google translate s’est trompé….soit l’auteur/et sa traductrice Catherine Lauga du Plessis, veut me secouer un peu, me perturber, amener au questionnements ….

Wer reitet so spät durch Dampf und Wind?

Es ist der Vater mit seinem Kinde;

Er halt (sic) den Knaben in dem (sic) Arm,

Er füttert ihn Zucker, er küsst ihm warm (sic) .

« C’est tout. C’est de l’anglais. Est-ce que je peux apprendre l’anglais? Je ne veux plus parler espagnol. Je déteste espagnol.Ton espagnol est très bon ……Qu’est-ce que ça veut dire « Wer reitet so »? – Je ne sais pas. Je ne parle pas anglais. »

Toutefois pour moi aucun des « soit » ne compte, je me suis juste enervé (et je me suis promis de feuilleter à la première occasion un exemplaire en VO pour comprendre/ voir de mes yeux ce globish).

Il trouvera une femme qui deviendra « la mere » du petit et….. »Permettez-moi d’être plus précis, dit-il à voix basse et rapide. Le garcon n’a pas de mère. Depuis que nous avons quitté le bateau nous la cherchons. Pourriez vous envisager de le prendre? – Le prendre? – Oui. D’être une mère pour lui. D’être sa mère…..pas l’adopter. Etre sa mère, à plein titre… » (p. 106)….et ça continue comme ça, avec des hauts-des-bas…des interrogations bavardes, des dialogues d’une « simplicité universelle » dans un monde Kafkaesque…

Donc, je me suis fermé à ce livre comme rarement ces derniers temps-ci. J’avais l’impression de lire un Sous-Cuelho [(pardon pour les fans de celui-ci) que je n’ai pas aimé quand il a fait ses premiers pas en littérature – et que je n’ai plus re-touché). Ou est l’auteur de « Disgrace » ? Le prix Nobel?

Pour réhausser un peu mon ressenti plan-plan voici une critique exhaustive de Carol Oates….une manière de voir plus reflechie…..(en anglais!)

http://www.nytimes.com/2013/09/01/books/review/j-m-coetzees-childhood-of-jesus.html?pagewanted=all&_r=0

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
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