Livre Inter 2013 – Sombre Dimanche – (et le winner is)

ZENITER-Alice--sombre-dimanche

– 6 heures de débat – et le « winner is »

Nous n’avons discuté « que » trois heures – et désigné ce livre (à la majorité…) Ce n’était pas mon préféré – mais il figurait dans « mon »  quatuor de tête.

4e de couv’

La vie d’une famille hongroise à Budapest, de 1978 à nos jours. Les Mandy habitent de génération en génération la même maison en bois au bord des rails, et tous travaillent à la gare centrale. Le jeune Imre grandit dans un monde opaque de non-dits et de secrets familiaux. A la chute du Mur, au lieu de poursuivre ses études, il se fait embaucher dans un sex shop puis rencontre une jeune Allemande qui incarne pour lui le mythe de l’Ouest libre et heureux.

 Mais pour les Mandy, quel que soit le régime, la vie consiste davantage à regarder les trains qui passent qu’à en devenir les voyageurs… Un roman familial tout en dégradés de lumière, de nostalgie, de drame historique, de décalage et d’inéluctable. Du communisme au consumérisme, pas de changement pour les Mandy. Imre, type même du looser sympathique, rêveur, sensible, tendre et romantique, incarne bien une société qui n’attend rien de l’avenir mais dont l’histoire tragi-comique exprime l’impuissance à prendre sa destinée en mains.

Alice Zeniter  nous offre un livre qui semble être dicté par un vieux hongrois à la fin de sa vie évoquant sa vie (en filigrane le passé proche de l’Hongrie, pré- et post-communiste. Décor : une « maison » perdue au milieu des voies ferrées de la gare principale de Budapest. Casting : des personnages fragiles, fortes, brisés qui luttent pour se faire une place dans ce monde (de brutes) qui ne sait pas comment les prendre.

Il y a Imre Mandy (mais oui, c’est bien le prénom du récipiendaire du prix Nobel 2002 – Kertész), issu d’une famille avec sa « propre chronologie », son mode de communication empreint de silence et dont les femmes sont frappées de malédictions de tous genres.

C’est plus particulièrement sur Imre, le fils de Pál, né au début des années 70 que se concentre l’intrigue. C’est un adolescent frustré, complexé, qui adore sa soeur aînée et le lecteur le suit pendant quinze ans de sa vie, années empreintes des mutations bouleversant la Hongrie avec la fin de l’ère soviétique

Ecriture sobre (parfois – selon moi – un peu maladroite), récit nostalgique, souvent gris mais parfois égayé par des éclats de rires, un espoir (l’apprentissage par Imre du sexe et du capitalisme). Toutefois toutes les personnages sont les « héros » de ce dimanche sombre, masses anéanties par l’Histoire, à plat ventre mais encore bougeant.

« Ceux qui ne sont pas satisfaits émigrent, disait le grand-père. C’est bien. C’est mieux. Avant ils se pendaient. C’était l’émigration à la hongroise. »

Comme cloués dans une Hongrie rêvant à l’Occident, notre héro ne se sentira finalement pas mieux dans sa peau après le plongeon dans le bain du libéralisme et les bras d’une belle « californienne ». Sexualité à épanouir, l’étau d’une famille sclérosante, une société qui se cherche, Imre essaiera de s’inventer une vie meilleure, dans un cocon emprunt d’une grande mélancolie.

Ce n’était pas mon préféré de la liste – mais à l’issue des débats de notre Inter Shadow Cabinet de ce dimanche – avec vue sur le Belledonne, une piscine inutilisée, enfouis dans nos pulls et anoraks – et enfumés des grillades de tous étables et mers – nous l’avons bien dit que ce livre de par l’évocation de personnages et de son histoire – qui sort des regards sur le nombril, les parisianismes … – était tout à fait fait pour ce prix et que La Divine (battu d’une voix seulement au 5e tour) n’avait de par son exigence et son écriture magistrale pas sa place dans « cette » séléction.

Et encore une fois Yv’ :

http://lyvres.over-blog.com/article-sombre-dimanche-113445624.html

PS Le livre a été « élu » par le « vrai » jury après 5 (cinq!!) tour de vote (contre trois normalement) – avec 10 voix conte 9 (pour « La Divine »).

Une remarque qui m’a fait plaisir :…..l’intervention à la radio d’un membre du jury qui a défendu « becs et ongles, jusqu’au bout » le (formidable) livre de Tanguy Viel ….(un autre disait par contre : « …le plaisir – ressenti – lors de la lecture ne suffisait pas pour gagner… ») …Et je réitère ici et persiste :  « Sullivan » était bien le seul livre de la sélection qui vous colle un sourire aux lèvres pendant 3/4 de la lecture….même s’il a rendu perplexe certains par son côté « exercice de style »  

A propos lorenztradfin

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2 commentaires pour Livre Inter 2013 – Sombre Dimanche – (et le winner is)

  1. Vous ne semblez pas hyper enthousiaste sur le choix final du jury Inter. Bonne soirée.

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    • lorenztradfin dit :

      Non pas hyper-enthousiaste…mais cela ne m’a pas empêché de « voter » dans notre « Inter Shadow Cabinet » pour celui-ci dans la catégorie « qui a votre avis va gagner dans le vrai Jury » – c’est une vrais histoire avec de vrais caractères Embedded dans la grande Histoire – et m’a fait penser, même si aucun rapport, aux « Hommes-couleurs » (C. Korman – qui n’était pas mon choix on plus en 2010)

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