Livre Inter – Viviane Elisabeth Fauville

Voilà un premier roman étonnant, déroutant et/ou amusant parfois, surprenant toujours.

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Il était une fois une femme en instance de divorce. Elle vient d’emménager dans un appart’ encombré de cartons, pas encore vidés….Il y a un bébé aussi, une fille (3 mois). La reprise de travail (chargée de com’ ) est prévue….ah oui, il y aussi un psy, consulté plusieurs fois par semaine. Apparemment sans grand succès, puisque : voilà elle le tue d’un coup de couteau, ce dernier reçu par ailleurs en cadeau de mariage.
Et puis… et puis rien ne se passe comme le lecteur pense, toutefois avec une petite intrigue vaguement policière….. Sur 154 pages petites pages les certitudes s’écroulent souvent…
Cependant, on se rend rapidement compte que tout ne va pas bien dans la tête de cette femme. Signe évident : L’auteure change constamment sa/la perspective. Ainsi Julia Deck utilise parfois la deuxième personne (« vous » ou « tu »), des fois elle écrit à la première ou – aussi, mais oui – à la troisième personne…..Le lecteur voit les questions se bousculer, on voit la folie entre toutes les lignes, mais…..
Tout ce bout de femme semble être à la dérive, le « décor » cependant (Paris, les itinéraires de métro, les rues….), les autres « vivants » (passants, la ville qui bouge, la fraicheur de novembre…) tout est vrai, décrit avec concision, d’une netteté de scalpel (ou de couteau de cuisine aiguisé).
Un premier roman original, d’une langue sèche, durassienne parfois ! Cher lecteur cartésien, fan de polars scandinaves bien ficelés ou en béton avec un zeste de suspense – ce roman n’est pas pour vous ! Celui qui cherche l’étonnement, il sera servi…

« …le docteur n’était pas très à l’aise avec les femmes, tout juste avait-il connu quelques patientes en fin de cure, lorsque l’ennui devenait tel qu’on en venait de se jeter l’un sur l’autre, histoire de faire quelque chose. Il était observé que cette technique accélérait sensiblement la résolution du transfert….. » (p.72)

C’est un objet littéraire rare et difficile à identifier. L’idée originale est dirais-je tout simplement « géniale » En effet, il y a un éclair de génie dans le pitch et tant la construction de l’intrigue que le style suivent. Parfois l’auteure perd un peu de vue la profondeur de l’intrigue, et semble se complaire dans les ruptures de ton:

« Vous observez votre voisine qui n’a toujours pas touché à son plat. Vous pourriez, à votre tour, vous intéresser à elle, demander si elle à des enfants, vous enquérir de sa situation. Vous n’en avez rien à foutre. »  (p.73)

ou ne va pas assez loin dans la folie délirante (les premières 100 pages sont sublimes, après le crescendo se mue en moderato mobile), mais c’est un vrai plaisir de lecture, qui laisse un petit frisson à la fin.

A propos lorenztradfin

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Un commentaire pour Livre Inter – Viviane Elisabeth Fauville

  1. C’est un livre qui me fait vraiment envie dans cette sélection : je ne l’ai pas encore croisé à la biblio.

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