La Chute du Sermon à Rome

4e de couv’

« Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l’impulsion de ses nouveaux gérants. À la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent pour, fidèles aux enseignements de Leibniz, transformer un modeste débit de boissons en “meilleur des mondes possibles”. Mais c’est bientôt l’enfer en personne qui s’invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d’irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l’âme humaine à se corrompre.
Entrant, par-delà les siècles, en résonance avec le sermon par lequel saint Augustin tenta, à Hippone, de consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres, Jérôme Ferrari jette, au fil d’une écriture somptueuse d’exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s’effondrer les mondes qu’ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d’échec en refondant sans trêve, sur le sang ou les larmes, leurs impossibles mythologies. »

goncourt-2012-le-sermon-sur-la-chute-de-Rome

Je n’avais pas encore lu un seul livre de cet auteur, catapulté au devant de la scène par le Goncourt 2012.

Petit livre (7 chapitres – ou médaillons – 202 pages) d’une écriture ciselée, captant des instants, des moments de la vie d’une troupe de personnages, ou quelque chose bascule et/ou éclate, ou un choix doit ête pris ou un vide profond s’ouvre….

La tonalité du livre est donnée dès l’exergue du livre (Saint-Augustion sermon 81, §8, décembre 410:… un monde est comme un homme : il naît, il grandit et il meurt. […]. Dans sa vieillesse, l’homme est donc rempli de misères…., pas très gai donc, mais mine de rien pas trop triste non plus.

Une belle écriture, ciselée et en même temps fluide, malgré des phrases parfois très (très) longues (j’avais parfois l’impression qu’il voulait impressionner le lecteur). Au-de là du style, je n’ai par contre que peu accroché aux errances des uns et des autres, aux intrigues autour d’un bistrot et de ses gérants, ses serveuses…

Toutefois, je suis malgré tout content d’avoir « patienté » jusqu’à la page 29 – (le premier chapitre est constitué d’un maelstrom de mots déclenché par l’observation minutieuse d’une photo – la madelaine de Ferrari? – et je m’y serai presque noyé ) – pour découvrir ensuite un auteur qui sait admirablement distiller la mélancolie…

Je ne serai par contre pas si étonné que ça d’apprendre éventuellement, au détour d’une conversation, autour d’un vin, pourquoi pas corse? ou plutôt les yeux perdues dans un verre de Bordeaux, que bon nombre de lecteurs gâté à Noël de ce Must de la rentrée, courronné par le gotha de l’édition verra le livre tomber de ses mains, puisque le style, une maîtrise du français éblouissante et un écran de fumée mystique ne suffisent pas toujours pour « garder en éveil » le lecteur.

N’éprouvez donc pas de réticences, frères, pour les châtiments de Dieu  (titre d’un des chapitres)

A propos lorenztradfin

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Un commentaire pour La Chute du Sermon à Rome

  1. Yv dit :

    J’ai lu 2 livres de J. ferrari et chaque fois, c’est un vrai plaisir de lecteur au delà de l’histoire, c’est l’écriture qui me plaît

    J'aime

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