L’obscurité et l’eau du canal étaient là comme témoins

P. 10 « C’est arrivé au gré du courant, en ondulant, comme un entrelacs d’herbes. Elle était belle, d’une pâle beauté (…) et ressemblait à quelque superbe champignon d’eau blanc… »

 

 4e de couv’

« Joe le marinier remarque la femme de son patron le jour même où il repêche un cadavre de femme dans le canal entre Glasgow et Edimbourg. Peut-être connaît-il l’inconnu du canal … Sur fond d’intrigue policière la sensualité éclate au coeur du quotidien. Plus qu’un polar écrit avec une économie d’effets remarquable, Young Adam est une réflexion sur le caractère irrésistible et éphémère du désir, sur la justice et la peine de mort dans la Grande-Bretagne des années 1950.« 

J’ai emprunté le livre à la bibliothèque de GRE attiré par la photo de couverture, par l’édition Métaillé et le nom du traducteur Serge Quadruppani, dont j’ai bcp aimé les traductions des romans de Andrea Camilleri (Commissaire Montalbano) ….- et je n’avais jamais entendu le nom de Alexander Trocchi  (auteur né en 1925 d’un père italien et d’une mère écossaise. ….il a connu Beckett, Genet et Ionesco il fera partie de la Beat Generation et va mourir d’une overdose en 1984 – 4e de couv.) )

Et j’ai eu la main heureuse :

Un petit livre bien sobre et sombre avec – au premier plan – un homme tiraillé entre deux femmes : celle du marinier et celle repêchée dans le canal. Au 2e plan un roman noir psychologique genre Simenon….avec une belle construction subjective qui laisse des blancs pour le lecteur…

Ensuite c’est un livre qui pulse à cause de cette voix douce du narrateur qui peut dire les choses les plus horribles et « immorales », sans jamais hausser le ton, pour réfléchir sur les conditions de sa vie, ses rêves…. Trocchi crée ainsi une certaine distance qui permet au lecteur de voir avec une acuité d’entomologiste les petits gestes de la vie, les gestes de désir, d’une passion qui naît, qui meurt. De toute façon on ne peut pas s’identifier à ce Joe.

Un livre aussi qui coule comme le canal sur lequel le bateau glisse imperturbablement,  doucement, calmement, simplement avec parfois des accents lyriques, une réflexion cruelle, désabusée.

Une très bonne lecture belle et glaçante, qui a donné lieu à une adaptation cinématographique (que je n’ai pas vu – que j’ai ratée ?) de David McKenzie (présenté à Cannes en 2003 – avec Peter Mullan et Ewen McGregor & Tilda Swinton)

Jacques Brel : L’éclusier : «

Vers le printemps
Les marinières
M´font des manières
De leur chaland
J´aimerais leur jeu
Sans cette guerre
Qui m´a un peu
Trop abimé
Dans mon métier
C´est au printemps
Qu´on prend le temps
De se noyer»

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
Cet article, publié dans Livres, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s