Berlin vaut bien un thriller

Lu pendant les vacances: « La trilogie berlinoise » de Philipp Kerr

…et je me suis bien et intelligemment amusé avec ces trois romans publiés respectivement en 1989, 1990 et 1991 autour du commissaire Bernard «Bernie» Gunther (+ deux autres dans le sillage).

A priori pas de chat à fouetter, ce sont des romans noirs (policiers) de facture classique avec un privé /détective qui ne « fonctionne » pas comme les autres, qui est bien entendu plus fûté que les autres – seulement ce qui différencie ces pages : cela se passe dans les années 30 et 40 devant la toile de fonds du nazisme

« Voyez-vous, quand quelqu’un est arrêté, décapité ou envoyé en KZ, les autorités ne prennent pas toujours la peine d’en informer la famille. Il y a des tas de disparus juifs, ces temps-ci. Une bonne part de mon boulot consiste à tenter de les retrouver. »

Dans le premier tôme (« L’été de cristal« ) nous sommes à Berlin  en 1936 (Jeux Olympiques), dans le 2e (« La pâle figure« ) en 1938 (série de meutreres d’adolescentes avec des ramifications des plus tordues), dans le 3e (« Un requiem allemand ») après la défaite (47) – je pense plus difficile à lire (pour un nion-allemand) mais ceux qui ont vu entre-autres le magnifique film « Welcome to Vienna »  (Axel Corti) aura été un peu préparé à la complexité de la période et des philosophies des nations victorieuses.

Par ailleurs, j’ai lu toute suite dans le sillage des « aventures » de Bernie également « La mort , entre autres » (Prologue en 1937, sinon en 1949 – entre Berlin, Munich et Vienne) – et je viens de commencer le « Une douce flamme » (qui oscille entre 1950 – à Buenos Aires – et 1932 à Berlin).

J’ai lu les romans comme un boit un bon apéro, c’est léger, le style alerte, les traductions à mon humble avis bonnes (puisque cela se lit très très bien)  – Gilles Breton, Philippe Bonnet et Johan Frederik Hel Guedi – et j’aime ce personnage central, cynique, avec ses zones d’ombres….

Ce qui est également particulièrement réussi (à mon avis) c’est de placer les personnages du roman en proximité  à des personnages réels (Eichmann, Göring, Himmler, Heydrich, Heinrich Müller, les brigades du Nakam, Hadj Amin, Goebbels etc…) avec une science et documentation très riche, sans anachronismes (les références aux films, acteurs etc…sont toujours justes….par aileurs, jamais de faute de frappe dans l’édition des noms allemands (!) – ça va mieux en le disant…). Toutefois, ça reste malgré le sujet et la « digestion » du passé, un policier léger, lecture qui ne prends pas la tête, qui fait parfois sourire, le style aidant. Et d’aute part il jete yubne lumière assez bien vu sur la démocratisation après guerre, phase avec ces compromissions, torsions faites aux lois ou la morale (ou aussi sur les filières d’exfiltration – aussi de l’église –  d’anciens nazi vers l’Amérique Latine…)

« L’autre jour, dans un café de Kurfürstendamm, j’en ai allumé une
(cigarette), et un vieux grincheux est aussitôt venu me faire un sermon sur les devoirs de la mère et de l’épouse allemandes. Il tombait mal. Ce n’est pas à 39 ans que je vais me mettre à pondre de petits militants pour le Parti. Je suis ce qu’on appelle une ratée eugénique…. (L’été de cristal)

A propos lorenztradfin

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