Quelques jours avec Dulac (Selection Livre Inter)

Onze ans avec Lou  (Bernard Chapuis)

Jean Dulac (7/8 ans) s’installe avec sa famille à Paris XVIe (Porte de Saint-Cloud, donc le Paris pouilleux => Saint Nuage dans l’esprit de l’enfant sous l’emprise de l’anglais), après trois ans passés à Singapour (son père, Lou, était l’attaché naval français auprès du gouverneur britannique). C’est la fin d’une vie dans le luxe et un pays exotique. « Jour après jour, Dulac s’était accoutumé à tout ce que Paris faisait de gris. Les chaussées, les immeubles, les toits, les gouttières, les pigeons, les fidèles nuages, les surprenantes éclaircies gris clair, sans omettre toutes ces nuances de gris qu’aimait porter la population élégante. »

Le lecteur assiste aux diverses étapes de la vie de Jean Dulac – d’abord l’Angliche, ensuite Dulac tout court – dans une école privé, ensuite public (la famille connait des problèmes financières). Avec une certaine élégance pudique, d’un humour tout anglais et teinté d’une mélancolie acidulée Bernard Chapuis nous offre une chronique d’une époque (années Coty), des premiers émois (baisers aussi) et du constat toujours douloureux que nous faisons tous en sortant de l’enfance, que le monde des adultes est plein de dissimulations (belle idée ce Monsieur Wong = Opium).

Les 270 pages se lisent facilement. Bernard Chapuis est bien doué pour transcrire les pensées d’un garçon de 7/8 – 11 ans, faire part de son dépaysement. Toutefois, avec mon cœur de pierre, je n’ai pas été touché, et les vignettes autour de la 4CV Renault, les Flossie, Gil et Manou ne m’ont pas intéressées. Je dois même avouer avoir eu, en tout début de lecture, un moment de « répulsion » en lisant la description vintage du Paris des années 50 (pages 11 – 23 – je me croyais dans un catalogue pour un accessoiristes de film) – cependant ce sentiment s’est estompé avec les pages chroniquantes.

Quelques pages drôles et douces-amères (notamment l’incompréhension de, ou plutôt la connaissance naissante des infidélités du père – c’est lui le Lou(p) du titre), d’un avortement…) mais finalement un livre que j’oublierais rapidement, trop lisse…

Je m’attaque maintenant à « Kamal Jann » (D. Eddé) – et aurai finalement lu tous les livres de la séléction.

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
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