B – comme Barbara, la belle butée

Très très bonne surprise ce film allemand sorti cette semaine:

« Barbara » de Christian Petzold

Portrait de femme en RDA – années 80 – (une femme médecin* « exilée » d’un hôpital de première catégorie à Berlin (Charité) dans un hôpital de province suite à une demande de sortie de territoire – Ausreiseantrag). Histoire politique, histoire d’amour. Mise en scène assez classique, pas beaucoup de surprises puisque lineaire. Très belle réussite : l’approche du metteur en scène du mystère de cette femme.

* c’est drôle comme les critiques français n’arrivent pas à saisir le métier de cette femme – pas mal parlent d’une infirmière  (comme si une infirmière aurait été « exilée » en province – on l’aurait tout simplement mise à pied).

Petzold regarde cette femme avec amour.

On la voit au debut de loin, observée par deux hommes, froide, sans émotion apparente…on ne sait d’elle que ce qu’ils disent (et qui est claire pour un allemand, moins pour un frç), et peu à peu la perspective va se déplacer vers elle, ses projets (d’évasion), ses interrogations (la vie, le métier, l’amour, l’Etat, les autres..) …. Nous sentons assez physiquement le regards des autres, la surveillance, le harcelement quasi-constant de la part du Stasi, des voisins, des collègues….

Mes 3 amis français qui ont vu le film avec moi hier (en v.o. soustitré) ont eu du mal à comprendre le qui fait quoi, comment, pourquoi de la femme pendant le premier 1/4 d’heure : c’est que la mise en scène garde le mystère de cette femme au début et que seules quelques phrases allemandes (malheureusement sous-traduites) permettent – à un allemand – de comprendre toute de suite pourquoi cette femme se trouve là, pourquoi cette atmosphère de suspicion…

Une fois sur les rails limpides et « classiques » mes amis ont parfaitement aimé – en faisant souvent des référénces à « La vie des autres »….

Le film a reçu un Ours d’Argent à Berlin (prix de la mise en scène) – et vaut un détour (ne serait-ce que pour voir le visage vide (ce vide qui m’a rappelé le jeu de I. Huppert), dénoué d’émotions, oui, buté de Nina Hoss, s’illuminer à un moment crucial du film. Ronald Zehrfeld n’a pas la même densité (amoureux qu’il est dès la 1ere minute, tout sourire permanent face à la beauté irradiante des gros yeux de Madame)

http://festival-berlin-2012.critikat.com/index.php/2012/02/14/15-barbara

A propos lorenztradfin

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