Octopode métaflottant

Découflé à Grenoble –

« Dans Octopus, l’animal n’est pas l’octopode, ni le genou, ni de doctes puces…) il n’est pas non plus qu’un mollusque céphalopode à huit bras et cent ventouses…..non, c’est l’homme (femme, enfant) sensuel, baroque ou burlesque…le corps devient pulpeux, le poulpe se fait fiction, la pieuvre shiva : une femme qui s’anime et de dédouble, se détriple, se dénude et se dessine…. » (extrait du programme)

Je suis malheureusement resté en dehors de ce spectacle d’une heure et demi. 8 « poèmes chorégraphiques » (j’avais l’impression qu’il n’y en avait davantage) dont deux-trois seulement m’ont sorti d’une sorte de léthargie. Notamment une « danse exploration » de pieds et de mains m’a touché, scène d’une sensualité complice très forte…et le contraire du langue-de-deux (2 langues sortant de lèvres entre-ouvertes – projetées pour mieux voir à l’écran au fond de la scène), langues limaces explorant qui le nez qui les lèvres du partenaire…, joueuses….chorégraphie humoristique?…j’ai préféré regarder (faire) des pieds et des mains.

Parmi les « poèmes » un hommage à Béjart, sorte de variation rock de la chorégraphie du « Bolero » (une caméra filme en même temps d’en haut – cette technique permet de voir sur écran la symétrie rohrschachtienne et démultipliée des mouvements…)….Finalement trop mécanique à mon goût …-

A oui, et il y avait une séquence étonnante: une femme qui dit un poème de

l’amour le torrent le vide la chaise
la chaise vide
la chaise torrentielle et vide suspendue dans le métavide
la métachaise est suspendue à la corde torrentielle du métavide
la métacorde serre et absorbe le métacou torrentiel
de celui qui est suspendu par la corde au cou de la femme
au cou flou et flottant de sa métafemme
vide torrentielle et assise
la métafemme torrentielle est assise sur la chaise
assise sur le vide de sa chaise
elle métaflotte perpétuellement dans le métavide absolu
de mes désirs absolument torrentiels
absolument météorique et substantielle
la métatête de la métafemme substantielle et météorique
surgit comme une flèche
entre la métacuisse de mes rêves et la métadent de mes désirs
flèche mordante et rapide
qui s’appuie légèrement penchée
au dossier de la métachaise de mes rêves et désirs
toujours assise toujours imprévisible et absolument fulgurante
la métafemme flotte et métaflotte toujours dans le vide
sa petite métaflamme visible par transparence
brûlant à l’intérieur torrentiel de sa tête
tandis que tout près de l’incandescence de sa tête
un peu au-dessus de sa grande chevelure météorique
passe comme un nuage
nuage provenu de l’évaporation instantanée
de ses vastes torrents mentaux
la grande tortue métaphysique
la fameuse tortue de la métatorture éternelle
menaçant de sa lourdeur grise tortionnaire et métamétaphysique
le beau physique charnel de la métafemme
concrètement assise sur sa métachaise volante
volante flottante et assise à son tour sur la chaise voluptueusement soutenue par les pieds de mes sens
par mes cinq sens par les mille griffes
et par les mille pattes de la métasensualité passionnée
tumultueusement surgie dans la métasueur
dans la métasubstance infinie de mes sens
absolument substantiels
les beaux yeux les beaux seins les belles fesses métaphysiques
de la métafemme absolument substantielle
substantielle torrentielle et météorique
transgressent l’au-delà tortionnaire
de la métaphysique sans physique
transgressent et annulent le grand rien métaphysique
car toujours assise sur la métachaise météorique
de mes désirs météoriques infinis et torrentiels
la métafemme ouvre la femme
elle ouvre et découvre sa chair translucide
ses entrailles transcendantes sa chevelure transmissible
éruptive dévorante et dormante
son coeur transpercé par les balles transparentes
de mes caresses en transe
sa douce métavulve
sa noire métabouche
la transplantation innocente de la fleur de sa bouche
dans les terres aériennes de mes cuisses
la transmigration de la bouche de son âme
vers les cuisses de mon haleine
les transferts insolites
les transfusions insondables
la transmutation gigantesque de tous les métamétaux amoureux
météoriques torrentiels métamétéoriques et substantiels
la transmutation gigantesque perpétuelle et triomphante
du lait maternel
en lave météorique en métavide substantiel
en sperme en sperme et en métasperme universel
en sperme du diamant en sperme de ton cceur
en sperme noir de la métaluxure absolue
absolument luxuriante et absolument absolue

***

a (1913-1994), poète d’origine roumaine. Derrière elle sont assises deux autres femmes….qu’on ne voit peu si on est assis dans l’axe de la scène, qui, tel Shiva, bougent les bras, les mains….et le texte est d’une beauté saisissante et perturbante.

HERMÉTIQUEMENT OUVERTE Héros-Limite (1953)

l’amour le torrent le vide la chaise
la chaise vide
la chaise torrentielle et vide suspendue dans le métavide
la métachaise est suspendue à la corde torrentielle du métavide
la métacorde serre et absorbe le métacou torrentiel
de celui qui est suspendu par la corde au cou de la femme
au cou flou et flottant de sa métafemme
vide torrentielle et assise
la métafemme torrentielle est assise sur la chaise
assise sur le vide de sa chaise
elle métaflotte perpétuellement dans le métavide absolu
de mes désirs absolument torrentiels
absolument météorique et substantielle
la métatête de la métafemme substantielle et météorique
surgit comme une flèche
entre la métacuisse de mes rêves et la métadent de mes désirs
flèche mordante et rapide
qui s’appuie légèrement penchée
au dossier de la métachaise de mes rêves et désirs
toujours assise toujours imprévisible et absolument fulgurante
la métafemme flotte et métaflotte toujours dans le vide
sa petite métaflamme visible par transparence
brûlant à l’intérieur torrentiel de sa tête
tandis que tout près de l’incandescence de sa tête
un peu au-dessus de sa grande chevelure météorique
passe comme un nuage
nuage provenu de l’évaporation instantanée
de ses vastes torrents mentaux
la grande tortue métaphysique
la fameuse tortue de la métatorture éternelle
menaçant de sa lourdeur grise tortionnaire et métamétaphysique
le beau physique charnel de la métafemme
concrètement assise sur sa métachaise volante
volante flottante et assise à son tour sur la chaise voluptueusement soutenue par les pieds de mes sens
par mes cinq sens par les mille griffes
et par les mille pattes de la métasensualité passionnée
tumultueusement surgie dans la métasueur
dans la métasubstance infinie de mes sens
absolument substantiels
les beaux yeux les beaux seins les belles fesses métaphysiques
de la métafemme absolument substantielle
substantielle torrentielle et météorique
transgressent l’au-delà tortionnaire
de la métaphysique sans physique
transgressent et annulent le grand rien métaphysique
car toujours assise sur la métachaise météorique
de mes désirs météoriques infinis et torrentiels
la métafemme ouvre la femme
elle ouvre et découvre sa chair translucide
ses entrailles transcendantes sa chevelure transmissible
éruptive dévorante et dormante
son coeur transpercé par les balles transparentes
de mes caresses en transe
sa douce métavulve
sa noire métabouche
la transplantation innocente de la fleur de sa bouche
dans les terres aériennes de mes cuisses
la transmigration de la bouche de son âme
vers les cuisses de mon haleine
les transferts insolites
les transfusions insondables
la transmutation gigantesque de tous les métamétaux amoureux
météoriques torrentiels métamétéoriques et substantiels
la transmutation gigantesque perpétuelle et triomphante
du lait maternel
en lave météorique en métavide substantiel
en sperme en sperme et en métasperme universel
en sperme du diamant en sperme de ton cceur
en sperme noir de la métaluxure absolue
absolument luxuriante et absolument absolue

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
Cet article, publié dans Danse, est tagué , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Octopode métaflottant

  1. ramage dit :

    je vois que nous sommes bien d’accord sur ce texte dit avec tant d’ardeur et de diction incroyable par Clémence Gaillard.

    Comme vous, pas d’addiction aux langues « limaces »…

    merci de m’avoir « éclairée »

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s