The Lady

Mauvaise pioche d’un point de vue cinématographique :

Une sorte de biobic de BD avec toutefois une magnifique et belle  Michelle Yeoh en Aung San Suu Kyi (Prix Nobel de la Paix en 1991). Le film passe en revue une bonne décennie – du moment ou elle quitte l’Angleterre (son mari – David Thelis –   et ses enfants) pour rejoindre sa mère et se présenter aux élections contre la junte birmane. Le film s’étend sur sa vie de famille sacrifiée au profit de son combat). Les (forcément très méchants militaires) l’assignent (de force) à résidence sous peine de se voir expulser de Birmanie et de ne plus pouvoir y revenir, sa famille restant en Angleterre (son mari sera atteint d’un cancer). Luc Besson nous montre peu (quasiment rien) du combat politique de Aung San, de ses appuis (à part quelques scènes bien carte postale de la campagne des élections), du travail dans l’ombre de l’opposition et  privilégie le pathos et le sentimentalisme (six kilos et demi). Le spectateur ne saisit ni comprends vraiment les rouages de la pensée de la birmane renommée et admirable (la lancinante question pourquoi elle se prive des siens pendant tant d’années reste finalement sans réponse).

J’ai déjà oublié la plupart des images de ce film sans surprise. Je dois toutefois avouer de ne pas avoir remarqué que le film dure 2h07. Dommage, j’aurai bien aimé d’apprendre un peu plus sur la Birmanie et/ou Aung San Suu Kyi.

J’aurai dû lire la critique « marrante » de TOF 44 sur « allociné » avant d’y aller:

Siège d’Europacorp, Paris, 2010 : – Bon, les gars, je vous ai réunis aujourd’hui parce que ma vieille copine Michelle Yeoh m’a confié un projet. Elle en a un peu ras-le-bol de donner des coups de tatanes dans des films de kung-fu et veut soigner son image sérieuse et internationale. Donc, on se coltine un biopic de la pasionaria birmane Aung San Suu Kyi avec Michelle dans le rôle principal. Avec la scénariste rosbif qu’on m’a collé dans les pattes, on s’est dit qu’un film sur l’histoire de la Birmanie et de ses rebondissements politiques, ce serait super chiant. Alors, on a consulté la page Wikipedia de Aung Machin Chose et on a trouvé un angle intéressant : elle était mariée à un universitaire anglais et, pendant plus de 10 ans, entre son entrée en politique en Birmanie en 1988 et la mort du bonhomme en 1999, elle a quasiment pas vu sa famille. Donc, on se focalise sur leur vie de couple et sur cette décennie. Ce qui se passe avant, ce qui se passe après, ce qui se passe à côté, on s’en cogne ! Des questions ? – Euh, Luc, je trouve que c’est très bien que tu te concentres sur la mise en scène uniquement parce que, comme tout le monde le sait, tu filmes avec ton cœur mais, par contre, tu écris avec tes pieds ! Ah ah ah ! – Ok, bon, toi, tu sors ! Sérieusement, ce que je veux surtout, c’est faire passer un message super important : la paix et la démocratie, c’est bien, la violence et la dictature, c’est mal. Des idées ? – Moi, Chef ! Et si on faisait lire à Aung San Suu Kyi et à ses fidèles la biographie de Gandhi ? – Pas mal, j’y avais déjà pensé. Faudra aussi qu’on arrive à placer des allusions au Dalaï Lama, à Nelson Mandela ou à Desmond Tutu. Pour la musique, j’ai pensé à mettre un ou deux morceaux de U2 dans la BO. U2, c’est Bono et Bono, c’est un type super engagé pour la paix et les causes humanitaires. Autre chose ? – Moi, Maestro ! Et si, en plus, un des enfants de Aung San Suu Kyi portait un t-shirt de U2 ? – Bien, ça, on dira que c’est mon idée. Bon, à part ça, faut qu’on discute de comment on traite la junte militaire au pouvoir. Avec les producteurs, on s’est dit que : 1) faut qu’ils soient méchants (alors là, je propose qu’on prenne des acteurs qui ont vraiment des sales gueules), 2) faut qu’ils soient très méchants (je veux une scène où on les voit tirer sur des chiens, parce que faut vraiment être un fumier pour tirer sur des chiens, hein ?), 3) faut qu’ils soient très très méchants (en plus, on sait que c’est vrai : avant le générique de fin, on mettra un carton explicatif où on résumera vaguement la situation en Birmanie et sur le carton, on précisera bien que ce sont des assassins et des violeurs d’enfants !), 4) faut qu’ils soient irrationnels (on aura qu’à montrer que leur politique, eh ben, elle est influencée par la cartomancie ; ouais, d’accord, on n’en sait rien mais, après tout, Mitterrand consultait bien Elisabeth Tessier, pas vrai ?), 5) faut qu’il soient cons comme des balais (j’imagine une scène où un soldat entendra deux ou trois notes de piano et s’écriera : « c’est quoi, ce bruit ? » ; et cette scène, on la répètera une autre fois, pour que les gens comprennent bien à quel point ils sont cons). – Si je puis me permettre, Votre Majesté, cette dernière réplique est particulièrement savoureuse. – Je sais mais je n’ai aucun mérite : c’est ce que mon pote Eric Serra m’a sorti le jour où il a entendu pour la première fois de la musique jouée par de vrais instruments, autres que son orgue Bontempi. Depuis, il fout des tonnes de violons dans ses compos… Bon, fin de la parenthèse, je crois qu’on est au point sur l’ambiance générale du film. Quelque chose à ajouter ? – Oui, O Grand Prêtre de la Pensée Unique Cinématographique ! Est-ce qu’on parlera des entreprises occidentales qui s’accommodent très bien du régime en place et qui, quelque part, contribuent à le préserver en faisant des affaires avec lui ? – Toi, tu me rappelles ton nom, tu passes à la compta et t’es viré ! Non mais ça va pas bien, non ? On va quand même pas se fâcher avec d’éventuels investisseurs ! Et puis je te rappelle que Jean Todt est producteur du film (entre nous, ça n’a pas été trop dur de lui faire cracher sa thune, c’est le compagnon de Michelle Yeoh !). Ce type, c’est aussi le patron de la FIA. Tu crois qu’il sera content si on dit que les grands groupes pétroliers qui mettent de l’essence dans ses petites voitures bossent la main dans la main avec les salauds pourris qu’on décrit ? Non mais… Je filme peut-être avec mon cœur, j’écris peut-être avec mes pieds, mais moi, Messieurs, je réfléchis avec mon portefeuille ! Comité Nobel, Oslo, 2011 : – A l’unanimité, le jury décerne le Prix Nobel de la Daube au film de Luc Besson, « The Lady ».

A propos lorenztradfin

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