Le blanc manteau ou tu pourras dormir

Nouvel épisode de mon action pour le soutien du cinéma français – le dernier film de Robert Guédiguian « Les Neiges du Kilimandjaro«  avec A. Ascaride, Gérard Meylan, Jean-Pierre Darroussin, Maryline Canto, Robinson Stevenin, Grégoire Leprince-Ringuet, Julie-Marie Parmentier…. une belle équipe pour un film qui m’a laissé partagé.

Marseille (comme d’hab’), débâcle économique (20 ouvriers doivent être licenciés – le choix est fait de tirer au sort, JP Darroussin, malgré son statut de protégé – syndicaliste – est licencié par cette voie. Ceci laissera des traces dans son couple – idéalisé (et heureux en mariage depuis 30 ans), dans leur vie d’ouvriers à la marge d’une vie de « petite bourgeoisie », vie qui est chamboulée par un braquage (hold-up) qui débouchera sur le questionnement de l’ouvrier-licencié-syndicaliste-« petit-bourgeois » de la vie d’aujourd’hui (des plus pauvres qu’eux).

Il y avait quelques scènes très fortes éparpillées par-ci, par là (notamment une avec Grégoir Leprince Ringuet, dont un monologue enlevé et fort qui aurait pu facilement en deux minutes remplacer 15 minutes de scènes trop écrits, sonnant faux, empesées par un didactisme d’un autre temps). (j’ai toujours du mal avec Mme. Ascaride)

La bonté  du couple est tellement idéalisée – ou dessinée comme un idéal (en perdition) – que j’ai failli pouffer de rire parfois. Toutefois je conçois bien que Robert Guédiguian, avec son « équipe ami » de longue date – ce qui nous permet de (re-)voir le temps qui passe -,  nous donne à voir un monde en disparition, nous permet de saisir la mutation rapide de notre société et la difficulté des laissez-pour-compte de s’y faire une place aussi minime que ce soit.

C’est donc déjà pas mal, mais pas tout à fait à mon goût (cinématographiquement parlant bien entendu).

PS: quant au titre – il y avait une résonance des plus étonnantes et qui n’a rien à voir :  Le roman de Herta Müller que je viens de terminer (« Bascule de souffle ») cite Hemingway (auteur d’une nouvelle magnifique  « Neiges du Kilimandscharo »). La lecture de ce passage – comme tant d’autre m’est revenu en sortant du film, puisqu’alors j’étais bluffé de l’association et du mariage des mots allemands « Hemingway », « Heimweh » (nostalgie/mal du pays) et « Heimweg » (chemin du retour – ici : du camps de travail) :

« ….als ich….im Schaufenster der Buchhandlung « Fiesta » von Hemingway sah, las ich aber « Fiesta » von Heimweh. Darum kaufte ich das Buch und machte mich auf den Heimweh, auf den Heimweg. Es gibt Wörter, die machen mit mir, was sie wollen…. » (p.232)

« …dans la fenêtre de la librairie j’ai vu le livre « Fiesta » de Hemingway, mais j’ai lu « Fiesta » du Mal du pays. C’est pour cette raison que j’ai acheté le livre et pris le mal du pays, le chemin du retour. Il y a des mots qui font ce qu’ils veulent de moi…..

A propos lorenztradfin

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Un commentaire pour Le blanc manteau ou tu pourras dormir

  1. hello

    Merci pour ce compte rendu, je vais peut être me laisser tenter…quand même… 🙂

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