Solar – Solaire

Lecture du dernier McEwan (dans le cadre de notre Club de lecture) sorti en France il y a quelques mois.

La fin de ma lecture coïncide – un vrai hasard et sans préméditation – avec la Conférence de Durban et la publication des premiers statistiques sur un réel réchauffement de la planète. C’est qu’au centre de ce roman particulièrement bien traduit par France Camus-Picon, se trouve un personnage qui travaillera au sauvetage de la planète d’un désastre climatique annoncé.

« …beaucoup de conversations avec sa fille de trois ans lui rappelaient différents échanges avec des femmes ces dernières années, au cours desquels il avait fourni des explications fantaisistes, trahi sa parole ou trouvé de bonnes excuses, et s’était retrouvé percé à jour…. » (p.304)

Ce qui est drôle dans ce livre parfois très ironiquement british  (limite cynique) est que le personnage central, Michael Beard, prix nobel, est lâche, menteur, égoïste, profiteur, toujours fuyant et laborieux, « passé maître en l’art d’éviter les pensées importunes », fuyant toute responsabilité, homme à femme, capricieux, jaloux . Pourtant ce quinquagénaire (en début du roman) n’est pas particulièrement beau et plutôt mou ….donc constamment un effet humoristique puisque en même temps ce grand scientifique travaille sur un système de reproduction de la photosynthèse (donc des passages très technique – un peu comme étaient,  dans « Samedi », les descriptions des opérations sur le cerveau) ce qui permet de juxtaposer le personnage loufoque et la science et passer sans effort de l’un à l’autre ( « ….d’ailleurs tout ce qui était vert (le jardinage, les promenades à la campagne, les mouvements protestataires, la photosynthèse, les salades) lui déplaisait. « Vous couchez avec ma femme depuis quand?….(p.129) « ) .

Roman en trois parties, dont une description d’un voyage-expédition à Spitzbergen (voyage auquel est finalement dû la naissance du livre (McEwan dixit dans ses remerciements) ….

En fin de compte j’ai moyennement aimé le livre (il y a – pour moi – malgré toute la maîtrise de l’écriture quelque chose inaboutie dans cette histoire, comme si l’auteur n’avait pas su quoi faire – en fin de compte – avec lui ou peut-être Bear est-il trop construit ) ….mais les 389 pages se lisent – grâce, encore, de la formidable traduction – sans déplaisir comme du petit lait, on rigole souvent. Toutefois j’ai ressente parfois quelque chose comme un brillantissime exercice de style, qui certes procure du plaisir au lecteur, mais qui finalement fait un peu pschitt. Le grand sujet de la mort de notre planète devient chose secondaire derrière le monstre minable qu’est Beard – probablement la métaphore de notre monde aveugle et hypocrite.

Voici une excellente critique du livre sur un blog glané sur Internet:http://lesboggans.over-blog.com/article-solar-d-ian-mcewan-49854860.html

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
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