Road Movie (2) – en roulant

Le nouvel Oster est arrivé (par ailleurs, celui de Auster aussi).

Et – à mon avis – s’est plutôt réussi dans son genre « Minuit » – qu’il a transbahuté aux Edtions de l’Olivier.  J’ai bien aimé la lecture de ce livre de 175 pages. Disons, j’ai surtout aimé la capacité de Christian Oster de nous rendre intéressant l’histoire d’un mec qui prend sa voiture pour quitter on ne sait quoi et qui roule et qui rencontre des gens et qui les quitte et….qui va à la fin arriver à Marseille (une ville qui, d’après lui,  sonne bien, mieux que Nice p.ex.)…et …

J’étais bluffé de la manière dans laquelle C. Oster nous capte avec de petites phrases parfois toutes simples, comment il crée une ambiance quasi documentaire nostalgique, triste, limite dépressive, solitaire… Pour moi, c’est une littérature aérienne, diaphane, une aquarelle littéraire qui laisse à l’observateur toute la place pour se faire son idée (les descriptions sont toujours des ébauches, avec juste assez d’éléments palpables qui permettent de se faire une image…) ….

Non, le héros n’est pas un personnage avec lequel on s’identifie, mais on vit à travers lui pas mal de scènes, moments dans lesquels on se reconnaît,…

Ce n’est qu’à la page 105 environ que C. Oster ouvre un tantinet le voile sur les raisons du départ…à la fin il y a des ébauches pointillistes d’une suite de l’histoire (que chaque lecteur est libre d’écrire et penser à sa façon….)….

Quelques phrases qui m’ont fait rire ou réagir, extraits à prendre comme un apéritif, juste pour étayer mes dires, « ma » lecture à moi. Puisque j’en ai vu dans le net des critiques de lecteurs qui ne savent pas quoi faire avec ce texte, qui pensent qu’il fait pschitt, qu’il s’évanouit rapidement dans l’oubli (opinion que je ne partage pas):

« ..La terrasse était déserte, il s’est mis à pleuvoir. Le peu de gens qui passaient ont pressé l’allure. Ils ont disparu. Personne ne les a remplacé. …. » (P.9)

« Attends, a-t-il dit, il faut que je te montre la maison, et même si je n’avais pas très envie d’une visite guidée, je me suis senti bien dans sa phrase.  » (p.101)

« Quant à Claire…agréable à regarder, sans doute, mais quelque chose aussi, me disais-je encore, qui échappe, qui s’échappe, et qu’on n’identifie pas, qui la pose comme exactement à côte d’elle-même, à la manière d’une fille boudeuse, laquelle n’en penserait pas mois. » (p. 50/51)

« …à regarder les murs décorés de toiles abstraites ratées, me semblait-il, qui en rappelaient toutes d’autres, réussies celle-là, et qui émaillent l’histoire récente de l’art. » (p.68)

A propos lorenztradfin

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2 commentaires pour Road Movie (2) – en roulant

  1. Yv dit :

    ça me tente bien ces phrases qui plaisent ou font réagir : le rôle d’un livre

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  2. Yv dit :

    Je viens juste de le finir (billet dans quelques jours) et franchement, je suis déçu. Personnages falots, totalement vides, situations banales que rien ne vient rendre intéressantes et écriture agaçante sur la longueur. Franchement, je m’attendais à beaucoup mieux, et je ne suis pas très tendre avec lui dans ma première ébauche de billet.

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