Un été sans les hommes

Siri Hustvedt nous livre dans une excellente traduction de Christine Le Boeuf un livre fort réjouissant, complexe et riche qui rend le lecteur plus intelligent.

En tant que lecteur homme, je dirai que c’est un livre d’une femme pour les femmes, je dirai même féministe.  Le roman n’en est pas vraiment pour moi, vu qu’il joue sur les plates-bandes d’un essai. Je ne suis pas d’accord avec l’idée de la narratrice  pages 175: … »Si un homme ouvre un roman, il aime avoir sur la couverture un nom masculin; cela a quelque chose de rassurant. On ne sais jamais ce qui pourrait arriver à cet appareil génial externe si l’on s’immergeait dans des faits et gestes imaginaires concoctés par quelqu’un qui a le sien à l’intérieur. » 

Pourtant, le point de départ une n’ième version de l’histoire d’une femme d’une 50e délaissée par son mari « volage » qui fait une « Pause » (il n’a pas dit « c’est fini »!) avec une française, la femme s’écroule, dépression (- et cet opus est la description de sa renaissance et un possible renouveau du couple) n’avait rien de surprenant.

La femme sous tous les  angles, âges (un quintette réjouissant de femmes (les « cygnes ») autour de la mère de la narratrice, des filles auxquelles elle donne des cours (de poésie), une voisine de 26 ans, sa fille, sa soeur….tour de piste de réflexions sur la vie, la littérature (au contre: Jane Austen), la poésie, la sexualité, les différences hommes-femmes…. Les 216 pages sont denses, riches, surprenantes parfois dans leur rupture de ton, plein de perspectives, de mails, extraits de textes……   apartés (« Gentil Lecteur, que si vous êtes ici avec moi maintenant, sur cette page, si vous n’avez pas renoncé, ne m’avez pas envoyée, moi, Mia, valdinguer à l’autre bot de la pièce.…..(p.112)), réflexions « à haute voix »: … »un livre est une collaboration entre celui et celle qui lit et ce qui est lu et, dans le meilleur des cas, cette rencontre est une histoire d’amour  comme une autre. Revenons à la controverse en cours:….’p.179)  etc.

Je me suis régalé, mais plus par la richesse intellectuelle sensible et corrosive que par « le récit » ou l’histoire en tant que tel. Un beau cadeau de réflexions sur les inflexions de la vie, le choix des possibles multiples: « …Nous devons tous nous accorder de temps à autres la fantaisie de nous projeter, une chance de nous vêtir des robes et d’habits de ce qui n’a jamais été et ne sera jamais. Cela donne un peu d’éclat à nos existences ternies et, parfois, nous pouvons choisir un rêve plutôt  qu’un autre et, par ce choix, trouver quelque répit à la tristesse ordinaire . Après tout, nous ne pouvons, nul d’entre nous ne peut jamais démêler le noeud de fictions qui composent cette chose  incertaine que nous appelons notre moi. » (p.190)

A propos lorenztradfin

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