Qu’as tu-fait de tes frères?

J’ai fini le dernier des 10 livres de la liste du Jury du Livre Inter.

Claude Arnaud (Prix Fémina d’Essai en 2006) a écrit le « roman » des diverses biographies d’un homme (55 ans) à la recherche de son MOI, de ce qu’il a FAIT (de/dans sa vie). On suit le portrait de sa mue (père (autorité), fratrie (la famille qui se délite), la Corse, évènements de 68, trotskistes, musiques, maoïstes, drogues, homosexuels, bi….le cinéma…)

Ce que la rue Vaugirard était pour  M. Lindon, c’est Boulogne-Billancourt et le quartier Aligre, l’université de Vincennes + tard aussi  pour C. Arnaud (même s’il n’est jamais loin du VIe) ….on traverse bcp Paris. 

Intéressant la juxtaposition de ce livre avec celui de M. Lindon. Dans le name-dropping et l’ancrage précis dans une période ( Le pick-up de Philips pour Abbey Road, « Simone de Beauvoir et Samy Frey, qui laisse alors leur chien Révolution aux bons soins de Delphine Seyrig ( p175) », des Hervé Guibert et autres Foucault qu’on croise, comme chez Lindon dans des soirées….mais sans les descriptions des divers trips (sauf peut-être page 138: « Pour un joint de H, éviter le lancinant « Suzanne » de Leonard Cohen ou les scies des Pink Floyd qui endorment; mettre les hurlements de Janis Joplin pour rester éveillé. Les solos de guitare d’Hendrix favorisent la montée d’acide, le « Lay, Lady Lay  » de Bob Dylan, crée en l’honneur de Joan Baez, accompagne bien les descentes. L’iguane aime les distorsions dues aux pédales wah-wah, aux bottle-necks…… ….les F. Mittérand, J. Fieschi et autres Copi….

Tant personnes croisées sont morts aujourd’hui et « C’est un privilège d’être en vie »

Comme M. Lindon il traite de la construction de soi mais dans un beau langage plus épuré et néanmoins plus chargé (puisque dense).  J’ai notamment adoré le chapitre « Le coeur est un chasseur solitaire » (p257 – 281), parfois il m’a un peu perdu sur sa route, notamment quand son « roman » devient Essai autour de Lacan, Deleuze, Barthes….mais j’ai nettement préféré cette mise à mort du père et l’urgence de vivre que suinte ce récit.

« Tous ces morts m’ont donné le sens de l’anticipation. Je ne sais pas perdre mon temps, j’entends chaque seconde l’horloge tinter. Le fleuve de nos vies file vers l’océan de la mort, je dois courir plus vite. Je regarde avec un mélange de stupeur et d’envie les natures sereines, comment vivre en paix, quand on connaît déjà la fin de la pièce?  (p.356)
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Maintenant je dois faire ma liste des deux, trois livres à défendre…

A propos lorenztradfin

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