Ma lettre du livre inter – 2011 – refusée

Et voilou, cette anée aussi j’ai dû essuyer un « Njet, Nein, Non » – je vais devoir m’acheter les 10 livres – rejoindre le jury parallèle mis sur pied par F. qui n’a pas été choisi non plus (et on lira/siègera à l’ombre de notre « Shadow Cabinet » un oeil rivé sur le « vrai » jury….).

Seul consolation : il y a environ 2975 personnes dans le même cas…..

P.S. à C.S.: Faudra trouver un autre amabassadeur pour approcher Amin Maloof.

[Crêt du poulet – 3 avril 2011 – la neige est sale]

Cher Livre Inter,

Venu d’outre-Rhin et ayant posé pied à Grenoble, traducteur de textes financiers vers la langue de Goethe, je fais acte de candidature à ton jury. Comment te séduire ?

Je n’ai a priori pas peur de la page blanche, mais là, j’ai comme le clavier noué.

C’est que je fais partie des éconduits de 2010, puisque l’année dernière tu as décliné ma demande (ah ! Les Allemands diraient « tu m’as défoudroyé »). Dépité, j’ai créé avec des amis un jury parallèle (nous étions 12), pour faire comme si…

Comment te dire ? Lors de notre « soirée jury » à nous, nous n’avons pas couronné le même livre que toi. Mais n’en prends pas ombrage, nous avons probablement discuté, ferraillé avec autant d’enthousiasme et de ferveur que toi et ton « équipe », et je me sens rodé et prêt à te rejoindre.

Pour ton jury, tu cherches des lecteurs représentatifs ?

Pour l’ouvrier, je prends le laveur de vitres et le manutentionnaire que j’ai été pour payer mes études en Allemagne ; pour le lauréat de l’enseignement supérieur, je brandis mon diplôme gagné au terme de longues études en France et en Espagne ; pour le cadre supérieur parisien stressé, j’ai à mon actif quelques années de traduction et communication dans une banque à Paris; pour l’enseignant, j’ai donné des cours d’allemand à la Sorbonne. Et enfin, last but not least, je suis père de deux enfants…. auxquels j’ai réussi à transmettre un peu de « ma » culture allemande et de mes « Karambolages ».

De tout cela, je n’ai rien écrit l’année dernière. Et j’admets que cela ne parle pas de mes lectures dans lesquelles j’aime me glisser le soir, après une journée de traductions d’analyses financières, d’eurobabillages ou d’autres langues de béton.

Pour te donner une petite idée : en 2009, mon « favori de la liste» était le livre d’E. Carrère (D’autres vies que la mienne) ; l’année dernière, j’ai défendu à contre-courant La blessure et la soif de L. Plazenet, dont le tout premier livre, L’amour seul, m’avait pourtant déçu. Sur ma table de chevet se trouve actuellement American Death Trip de J. Ellroy, qui succède à La barque silencieuse de P. Quignard, à la Carte et le territoire de M. Houellebecq ainsi qu’à Brothers de Yu Hua. Mais n’aie pas peur, je n’ai pas l’intention de dresser une de ces listes chères à Umberto Eco.

Tu vois bien que je suis à la recherche de mots et sujets foisonnants et palpitants. Sujets qui souvent me captivent ou m’agacent et qui quelquefois me bousculent. Tantôt le récit du passé me tend la main, tantôt je me tourne vers celui de l’avenir, vers d’autres planètes, civilisations et/ou époques futures. D’autres fois, c’est le défilé du présent (autofictions, récits, storytelling) qui me saisit. Ainsi, la lecture est aussi devenu pour moi un moyen de « me voir » et, de temps à autre, de remettre en cause ou d’adoucir ma façon de voir le monde, l’autre, les autres.

En fin de compte, la lecture est devenu pour moi un moyen de vivre avec rubato.

Enfant de Goethe (ou plutôt de Grass, Tellkamp et Hein), qui depuis plus de trente ans lit aussi et surtout en français (pour les classiques : un grand merci à mes enfants !), je serais heureux et fier de participer à ton creuset de lecteurs issus de tous horizons.

Lecturement tien

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
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2 commentaires pour Ma lettre du livre inter – 2011 – refusée

  1. lorenztradfin dit :

    Les 10 romans en compétition

    OLIVIER ADAM – Le coeur regulier (L’Olivier)

    CLAUDE ARNAUD – Qu’as tu fait de tes fréres? (Grasset)

    PIERRIC BAILLY – Michael Jackson (POL)

    LIONEL DUROY – Coléres (Julliard)

    PHILIPPE FOREST – Le siecle des nuages (Gallimard)

    CHRISTIAN GARCIN – Des femmes disparaissent (Verdier)

    MATHIEU LINDON – Ce qu’aimer veut dire (POL) YVES RAVEY – Enlevement avec rançon (Editions de Minuit)

    OLIVIA ROSENTHAL – Que font les rennes après noêl? (Verticales)

    CHANTAL THOMAS – Le testament d’Olympe (Seuil)

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  2. Anis dit :

    Je n’avais pas lu celle-là. Je crois qu’il ne faut pas trop s’attacher à cette participation car il y a tellement de monde, comment être choisi ? Le hasard joue certainement beaucoup et aussi la catégorie socioprofessionnelle.

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