Very bad translation

Pour sortir le film uruguyen de terreur « La Casa Muda » (ce qui se traduirait en français « La maison muette » ), le distributeur « voulait « se démarquer » du circuit art et essai, dont les spectateurs ont dans leur grande majorité plus de 50 ans. « Nous devons faire face à une segmentation terrifiante du marché, dont on ne se rend pas compte à Paris », plaide le distributeur…..il fallait (donc), selon l’expression de M. Auclaire, « gonfler les pectoraux, faire un peu semblant en gommant l’itinéraire très « auteuriste » » du film. »

Cette approche de marketing s’appuie sur l’anglicisation des titres. …Ainsi « le film de Susanne Bier (« Revenge » = en bon français « La Revanche ») s’est vendu sous ce titre sur les marchés internationaux. Son distributeur américain, Sony Pictures Classics, l’a rebaptisé In a Better World (« Dans un monde meilleur ») et c’est sous cette appellation que le film a remporté l’Oscar. Mais Revenge est resté sur les affiches françaises, là encore « pour toucher un certain public », dit Eric Parmentier, responsable du marketing d’Equation ».

« Il existe un autre cas de figure. Des films anglo-saxons qui sortent sous un titre anglophone qui n’est pas celui d’origine. L’exemple le plus fameux de ces derniers mois reste The Hangover (« La gueule de bois »), devenu Very Bad Trip. Guillaume Thévenin, de Warner Bros France, raconte comment ce titre a été testé par un institut auprès de la cible potentielle de cette comédie juvénile. Plutôt que « Délit de cuite », ou le très littéral « Gueule de bois », c’est Bad Trip qui a remporté l’adhésion de l’échantillon. Trouvant cette formulation trop lapidaire, le département marketing de la Warner l’a transformée en Very Bad Trip, « ce qui nous faisait beaucoup rire, parce que ça ne veut rien dire en anglais », se souvient M. Thévenin.

Approuvé par la maison mère, ce titre a porté les couleurs d’un succès inattendu, dont témoigne le chiffre des entrées (1,8 million) et le nombre de films de tout acabit sortis sous des appellations inspirées de Very Bad Trip : il y eut American Trip (titre original Get Him to the Greek), Very Bad Cops (The Other Guys), deux comédies américaines ; le record revient à Very Cold Trip, long métrage finlandais qui s’appelait Napapiirin sankarit dans son pays d’origine et Lapland Odyssey (Odyssée en Laponie) sur le marché international. »

Article de Thomas Sotinel Le Monde daté le 16.3.2011 (raccourci et tout légèrement modifié)

Sans commentaire!

A propos lorenztradfin

Translator of french and english financial texts into german
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